Si on part du postulat que la simplicité volontaire consiste à se libérer de toutes les choses qui nous compliquent la vie, on se rend compte, qu'après avoir fait le tri dans ses armoires, ses papiers et ses meubles, on en vient un jour à vouloir faire le tri dans son agenda et son carnet d'adresses. Après les choses purement matérielles, on s'attaque à ce qui nous pollue insidieusement mais que l'on n'arrive pas toujours à identifier. Parmi ces choses, il y a les relations qu'on entretient de façon plus ou moins volontaire avec des personnes dites toxiques.

Pour ce qui est de faire le tri dans son agenda, les conseils d'Aspen en matière de gestion du temps vous apporte déjà quelques pistes. Ses articles vous ont interpelés sur la façon dont vous utilisez votre temps, sur le nombre de choses agréables et désagrables que vous faites dans la journée, sur la façon dont vous pourriez réorganiser votre planning pour passer plus de temps avec ceux que vous aimez ou à faire des activités qui vous font du bien.

Pour ce qui est de faire le tri dans son carnet d'adresses, je ne suis pas sûre de pouvoir vous donner des recettes, seulement quelques pistes de réflexion. Etant moi-même engluée dans plusieurs relations toxiques et ne trouvant aucune solution à ces difficultés, je vais juste poser les choses, peut-être qu'une discussion pourra être alors engagée qui nous servira à toutes et tous.

J'appelle les gens toxiques ceux qui nous font du mal, qui nous blessent régulièrement par leur ironie, ceux qui sont insensibles à nos souffrances voire réducteurs ou intolérants, ceux qui passent leur temps à colporter des ragots qui nous encombrent l'esprit, ceux qui nous harcèlent moralement ou physiquement, ceux qui nous épuisent avec leurs malheurs quotidiens, nous prenant pour leur psy de service, ceux qui sont spécialistes de la victimite aigüe, ceux qui nous font du chantage affectif, ceux qui nous méprisent, ceux dont l'orgueil nous empêchent de les atteindre dans leurs affects, ceux qui nous jugent sur nos convictions, nos actions ou notre position sociale, ceux qui nous critiquent pour éviter d'avouer qu'ils souffrent, ceux qui nous jalousent, ceux pour qui nous sommes une béquille ou un jouet...

J'appelle relation toxique une relation qui nous fait plus souffrir qu'elle ne nous apporte, une relation qui nous perturbe, modifie notre humeur ou notre comportement, une relation qui ne trouve sa source que dans la souffrance et son expression que dans le mal-être, une relation enfin où il nous est impossible de dire à l'autre combien il nous fait mal ou simplement ch..., où nous n'arrivons pas à nous faire entendre dans nos besoins, où nous ne parvenons pas à nous faire respecter dans nos limites.

Voilà plusieurs années que j'ai décidé de faire le ménage dans ces relations toxiques.

La première difficulté consiste à repérer les personnes toxiques dans notre entourage. Souvent elles font tellement partie de notre quotidien, de notre univers qu'elles sont comme ce mal de dos que l'on traîne depuis des années : on vit avec, on a appris à s'habituer à la douleur. Les exemples cités plus haut vous aideront peut-être à identifier les personnes toxiques dans votre entourage.

La deuxième difficulté est de savoir si l'on se sent prêt à se libérer de ces relations. Plutôt simple lorsqu'il s'agit de cette vieille pie de voisine ou de cette copine trop envahissante, bien plus complexe lorsqu'il s'agit de notre employeur, de nos parents, de nos enfants ou de notre compagne/compagnon. Se poser peut-être quelques questions :

- qu'est-ce qui m'empêche de me libérer de cette relation? Quels sont les obstacles?

- que gagnerais-je à mettre un terme à cette relation toxique?

- qu'y perdrais-je?

La troisième difficulté est bien sûr la mise en oeuvre de la libération. Chacun a sa solution : l'éloignement qui, la vie aidant, transforme l'adage "loin des yeux, loin du coeur" en réalité. L'affrontement, qui permet de se sentir dans une relation adulte avec l'autre à qui on a pu "dire en face". La lettre, qui a l'avantage de ne pas être interrompue dans le discours et qui permet donc d'aller au bout de ses idées mais qui est souvent une solution radicale puisqu'elle peut être mal interprétée. L'évitement, qui me paraît être plus une fuite qu'une réelle libération.

Ce qui est particulièrement compliquée c'est quand on n'arrive pas à se libérer de la personne toxique malgré toutes les solutions citées ci-dessus, simplement parce qu'elle n'arrive pas à se passer de vous et qu'elle vous pourchasse.

Je vis cela avec ma mère et je n'arrive pas à me défaire de ses tentacules. Je ne connais pas la solution.

La disparition peut-être.