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Bio-Blog, chroniques de deux consommatrices repenties
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Bio-Blog, chroniques de deux consommatrices repenties
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Bio-Blog, chroniques de deux consommatrices repenties
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21 juin 2006

Moralisateur mais pas moral….

Aujourd’hui, je voudrais parler des livres, spectacles… pour enfants. J’en connais beaucoup qui sont extraordinaires… mais il y a en aussi un certain nombre qui véhiculent des valeurs avec lesquelles je ne suis pas du tout en accord. Quand, dans les livres, ce sont toujours les mamans qui font la vaisselle et les papas qui lisent le journal… quand les grands ont toujours raison, quand le petit enfant qui n’a pas d’ami doit être content à la fin du livre d’avoir au moins une petite peluche avec laquelle jouer… je me dis que ça n’est pas génial.

Mais je voulais vous parler plus précisément d’un spectacle récent que j’ai vu qui se payait le luxe d’être à la fois extrêmement moralisateur sans même être moral. Je m’explique.
C’est l’histoire d’une petite fille que son papa laisse toute seule pendant un petit moment pour aller faire une course sachant que, dès qu’il revient, elle ira au carnaval. Elle a donc déjà sa belle robe de princesse et trois consignes : ne pas abîmer ou salir sa robe, ne pas monter sur les chaises et ne pas sortir de la maison.
Au début, elle est bien sage, elle lit un livre. C’est l’histoire d’un petit garçon qui fait des bêtises et qui est puni par les lutins, le lutin du feu, de l’air, de l’eau, de la terre. « Si tu fais une bêtise, nous nous déchaînerons ». Ah ?
C’est donner beaucoup de responsabilité à un si petit enfant. Déjà qu’ils ont tendance à se croire le centre du monde et responsables de tous les soucis de leurs parents, si en plus ils se mettent à penser que c’est parce qu’ils ont fait une bêtise qu’il pleut sans discontinuer depuis trois jours, on est mal. Mais soit, c’est comme ça dans les histoires, donc admettons.
Après bien sûr, tout se gâte : elle monte sur une chaise, tombe et se fait mal. Puis elle sort et se perd. Alors, comme prévu, les lutins attaquent, lui prennent sa cape de princesse, elle pleure, le vent et la pluie se déchaînent et ce passage fait tellement peur que mon petit bout d’homme qui était devant pour mieux voir le spectacle s’est levé en pleurant pour venir se faire rassurer. Et puis tout d’un coup, sans qu’on comprenne ni pourquoi ni comment, elle se retrouve chez elle, en larme, mais toujours sans sa cape. Là bien sûr, elle se lamente : elle va se faire gronder…
Sa poupée se met tout à coup à parler : « Je veux bien t’aider à retrouver ta cape mais il faut me prouver que tu es une grande fille… Je vais te montrer des objets et tu devras me dire s’ils sont pour les enfants ou les grands ». Suit une liste d’objets hétéroclites à classer : fer à repasser, corde à sauter, petites voitures, eau de javel, ciseaux etc… que la petite fille classe sans erreur, avec l’aide des enfants de la salle. (Je n’étais pas toujours d’accord avec le classement, mais c’est une autre histoire).
Du coup, la poupée propose de prendre deux lutins en otage pour leur extorquer la cape. Elles piègent donc le lutin du feu et celui de l’eau. Ceux-ci appelent leurs amis à l’aide et les supplient de ramener la cape. Ce qui est fait. A la fin, tout le monde s’embrasse, la petite fille, la poupée et les lutins. Puis le papa rentre et Agathe (c’est son nom) va au carnaval sans être punie…

Ce qui me choque, en plus des incohérences et du style décousu du spectacle (car comment des gens -lutins de surcroit- à qui on extorque quelque chose par la force, pourraient être tout heureux à la fin de l’histoire et embrasser de bon cœur leurs bourreaux d’il y a cinq minutes… ?) c’est la morale qui ressort :

- il est interdit de monter sur les chaises ( ? C’est pourtant un jeu rigolo, et pas tellement plus dangereux que la corde à sauter avec laquelle on peut s’étrangler, si on veut aller par là…)
- il est interdit de jouer avec des ciseaux (pas chez nous… sinon, comment on apprend à s’en servir ?)
- il est autorisé de mentir (par omission, en cachant qu’on a désobéit)
- il est autorisé de violenter des lutins, de les faire prisonniers pour récupérer son bien, au lieu de s’excuser d’avoir désobéi…
- il est autorisé de manipuler les autres et de ne pas assumer les conséquences de ses erreurs et/ou bêtises - …

Vous, je ne sais pas, mais moi, ça me choque !

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Commentaires
I
Bonjour, je viens par chez toi en venant de chez Anne de blogbio. <br /> je ne lis presque plus rien sur les blogs et le mien est en sommeil depuis bien trop longtemps mais aujourd'hui que je m'octroie une petite ballade.<br /> Je dirais au sujet de ce que tu ecris que peut être le plus simple est de toujours dire aux enfants ce que nous en pensons, exactement comme tu le fais dans ton post. <br /> Et puis ensuite leur demander leur avis. ça te permets de donner ton interprétation et d'éveiller leur esprit critique. De nos jours, c'est bien le nerf de la guerre.<br /> <br /> bonne continuation !
A
c'est clair que pas mal d'histoires ont des morales douteuses ! Je me souviens d'avoir été extrémement choquée par une histoire où un petit garcon essayait de rendre service à tous les gens qu'il croisait, et à la fin il se retrouvait sans rien... Moralité on ne peut pas satisfaire tout le monde. AHUM mais quelle horreur ! comment leur faire comprendre alors qu'il faut essayer quand même ?
L
Oui, mais tout notre monde est basé là dessus : le pire c'est le petit Jésus qui est mort (je trouve la croix très violente comme image), mais pas vraiment et qui est dans le coeur de tout le monde (dicsit bellemaman !)Moi je lis les histoires et ensuite, nous en parlons et les enfants savent très bien ce qui est bien ou mal ! En fait ils lisent beaucoup d'histoire "seuls" càd les images et ils s'inventent des histoires !
V
De mon côté, je "transforme" dans 90% des cas les histoires que je lis à Malo, parce qu'entre les menaces de punitions ou de fessées, les "méchants" ceci et les "vilains" cela...
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