mardi 29 juillet 2008
Télévision
Télévision
?
Comment
peut-on faire sans, me demande-t-on encore parfois ? Ce à quoi
je réponds, comment pouvez-vous faire avec ? Comment
trouvez- vous le temps de la regarder, avec toutes ces choses
passionnantes qu'il y a à accomplir chaque jour ? Comment
supportez-vous le vide anesthésiant et l'ennui qui suinte de
la plupart des émissions ?
Ce à quoi
on me répond : oui, mais il y a les reportages, les émissions
culturelles, les informations. Ahh, oui.
En ce qui me concerne, je trouve que tout dans la télévision est dangereux.
D'une part, elle véhicule une image complètement fausse de la vie en nous donnant l'illusion d'un espèce de monde brillant et facile... d'un côté... opposé par ailleurs à un monde où la peur est reine. Elle participe à la société de consommation en nous faisant miroiter des produits merveilleux qui rendront notre vie tellement plus facile une fois que nous les auront acquis... Elle prétend que le bonheur s'achète et qu'à défaut, il peut s'acquérir par le pouvoir, la condition sociale... et nous fait croire que toutes les solutions à nos problèmes pourront se résoudre par l'argent et l'achat de l'objet approprié.
D'autre part elle vise à décérébrer les individus en leur permettant de mettre leur cerveau de côté le temps qu'ils ouvrent la bouche et gobent ce qu'on leur sert sur un plateau appétissant. Les informations n'ont plus d'information que le nom. Le temps réservé à « l'information » lors d'un journal télévisé se réduit un peu plus chaque année. Alors qu'il y a un certain nombre d'enjeux cruciaux et de problèmes locaux ou mondiaux qui réclament notre attention on nous informe du dernier divorce de la dernière starlette à la mode dont nous n'avons que faire, ou des résultats du tiercé... quand on ne cherche pas plus simplement à nous faire peur afin de nous mettre dans les conditions nécessaires pour nous faire avaler des mesures sécuritaires et liberticides. (fichiers informatisés, caméras, contrôles d'identité, renvois abusifs « d'illégaux » dans leurs soi-disant pays, présence policière accrue, etc)
Par ailleurs, pendant que nous sommes devant la télévision... nous ne sommes pas ailleurs, jolie lapalissade qu'il n'est pas si inutile que ça de rappeler. Les moyennes pour la France sont hallucinantes : 3h30 par jour et par personne je crois... Sachant que nous sommes un certain nombre à ne pas la regarder, ça veut dire qu'il y a un paquet de gens qui passent un paquet de temps devant. Pendant ce temps, leurs corps et leurs esprits ramollissent... L'homme, rappelons-le, est un animal de la branche des mammifères, conçu à l'origine pour vivre en extérieur et en mouvement...Ce temps passé devant un écran (et c'est pareil pour moi et mon ordinateur) court-circuite les relations humaines, tout simplement parce qu'il n'est pas consacré non plus à nos proches et moins proches... Et un certain nombre d'activités plus nourrissantes passent à la trappe. La télé, n'est pas, ne peut pas être nourrissante. C'est un objet mort, qui ne réchauffe pas le coeur comme une bonne conversation, un repas entre amis...un tour au jardin, ou de la méditation...
On me dit que cela détend... Je demande à voir. Moi, après avoir regardé la télé, je ne suis pas détendue, je suis vidée. Quant à mon fils, qui ne la regarde pas mais voit parfois des films sur l'ordinateur, il est surexcité. Alors oui, ça vide la tête, ça permet de penser à autre chose... mais ça ne transforme pas ce qui bloque, ce qui fatigue, ce qui pose problème. Une fois la télé éteinte, tout est encore là, peut-être même de façon plus paroxystique. Jardiner, marcher, chanter, faire le ménage même parfois, peuvent aider à se vider la tête de façon plus efficace sans empêcher notre alchimie interne de métaboliser nos tourments, notre fatigue. Je n'arrive pas à comprendre comment se transformer en légume deux heures d'affiliée (au minimum, le temps d'un film, plus pub, plus...) peut nous permettre d'aller mieux, nous permettre de reprendre confiance dans la vie, dans nos capacités... Au contraire, cela nous entretient dans notre rôle de consommateur passif. Les expériences sont vécues par d'autres et nous y assistons...
Quant aux reportages, si « instructifs », je ne nie pas qu'il y en ait d'excellent... Seulement, je trouve qu'en général on va beaucoup plus loin dans la réflexion en perdant beaucoup moins de temps, en lisant un bon livre ou un article de journal correctement écrit et documenté. En plus, j'ai souvent le sentiment que la musique, le montage etc, peuvent plus facilement manipuler mes sentiments que du texte brut. (ce en quoi je me trompe peut-être). Or, j'ai horreur de me sentir manipulée !
Vraiment,
la télévision me semble au final un objet abrutissant,
avilissant, presque et l'outil de manipulation suprême de notre
société. Il me semble que le premier acte de rebellion, à accomplir contre cette société de consommation soit de commencer par jeter sa télé
(ou la mettre dans un placard ou au grenier si c'est vraiment trop
difficile) et de voir ce qui se passe... en nous, pour nous, pour nos proches etc.
On peut alors redécouvrir les soirées en famille ou en tête à tête avec un bon bouquin, on peut retrouver l'usage de son cerveau, il est plus facile de prendre de la distance et donc d'aiguiser son esprit critique loin de cette machine à décérébrer... on y gagne sur tous les plans.
samedi 12 avril 2008
Respecter ses besoins de sommeil
Par Laurence
Voilà longtemps que j'ai envie d'écrire un article sur le sommeil. Tout le monde le sait, le sommeil est indispensable à l'organisme. Médecins, journalistes, marchands de bonheur et publicitaires s'accordent tous pour dire que "la bonne nuit de 8 heures" ou "la sacro sainte sieste" sont aussi nécessaires à notre petite personne que de manger ou de boire.
Régulièrement, un dossier "sommeil" fait la Unedes revues : des magazines parentaux qui expliquent pourquoi l'enfant doit dormir aux magazines pour personnes âgées qui vantent les mérites de la sieste postprandiale, en passant par la revue pour femme active qui nous persuade de bien dormir pour rester, le jour, une executive woman de renom, les media nous encouragent à nous "dorloter". Et tous les scientifiques de nous expliquer les bienfaits du sommeil :
- il permet d’évacuer tensions et fatigue
- il déclenche la sécrétion de l'hormone de croissance essentielle qui rend possible le renouvellement cellulaire, l'entretien des muscles, des tissus et des os.
- il stabilise notre équilibre mental par la régulation des rythmes biologiques de veille et de repos
- il nous ressource...
Bref, tout le monde le sait, avec un sommeil
insuffisant ou de mauvaise qualité, le corps voit ses capacités
physiques et intellectuelles diminuées. N'importe quelle mère de famille pourra témoigner du fait que son humeur et son efficacité diurne est bien mise à mal par les réveils nocturnes intempestifs ou par les nuits blanches pour cause de tétées - nez bouché - cauchemars - terreurs nocturnes - vomi - pipis au lit - sorcières dans le placard et un verre d'eau s'il te plaît!!!
Après la naissance de mon
fils, j'ai sombré dans une grave dépression du post-partum qui faillit
m'être fatale puisque, je l'ai déjà dit sur ce blog, elle me conduisit
aux urgences psychiatriques après une tentative de suicide. Quelle
était la cause principale de ma dépression? Le fait que mon petit
garçon ne dormait que par phases de 15 minutes et pleurait le reste du
temps sans cause physiologique déterminée. Le seul endroit où il ne
pleurait pas c'était sur moi, ce qui explique que je l'ai porté en
écharpe jusqu'à l'âge de trois ans et demi... Le manque de sommeil a
provoqué chez moi une lente agonie : troubles de l'appétit, sentiment
d'épuisement moral et physique, pertes de mémoire, troubles de la
pensée et de la parole (inversion des mots, impossibilité de me
rappeler le nom de choses simples...), paranoïa vis à vis de mes
proches... bref, j'étais devenuee un zombie au sens propre et figuré.
Le manque de sommeil relève des méthodes de torture les plus simples et les plus ancestrales qui soient, longtemps utilisée sous les régimes Chilien et Soviétique dans les années 1940 à 1970. Si vous avez le temps (et le courage) de lire ces témoignages sur le site Human Rights Watch, défendre les droits de l'homme à travers le monde, vous comprendrez aisément à quel point le manque de sommeil, apparemment banal et simplissime, peut tuer un homme.
Alors une seule question me vient à l'esprit : pourquoi continuons-nous, de notre propre chef, à nous empêcher de dormir? Pourquoi nous infligeons-nous, seuls, cette torture latente?
Peut-être parce que, parallèlement à ce battage médiatique sur le sommeil, il existe une culture de l'activité et de l'efficacité qui enterrine tous les arguments en faveur du "bien dormir". Dans un monde qui fonctionne 24/24 h, est-il vraiment concevable d'autoriser les gens à "s'éteindre" vers 21 heures? Regardons autour de nous : les pompes à essence et vidéos-clubs sont accessibles la nuit par carte bancaire, les lumières de la ville et les magasins sont allumés toute la nuit, les hypermarchés ferment de plus en plus tard et organisent des "nocturnes" à des occasions comme Noël ou les soldes, les magasins virtuels sont accessibles à toute heure du jour et de la nuit par internet, la télévision et la radio émettent en continu, les transports urbains ont un service de nuit ainsi que les hotline, les usines ou les autoroutes... Avec les 3/8, la production des usines ne s'arrête jamais... Partout où l'on regarde, il y a toujours une infrastructure ou un morceau de ville en activité.
Dans un monde où l'on demande à un nourrisson de 15 jours de faire la différence entre le jour et la nuit, où l'on impose la sieste à l'école à des enfants dont on n'écoute toujours pas les besoins individuels, où l'on drogue les prisonniers et les personnes âgées dans les hospices pour qu'ils dorment un maximum, on prive paradoxalement l'essentiel de l'humanité de son besoin le plus élémentaire pour répondre à des cadences de productivité toujours plus importantes. Avouez qu'il y là une fois de plus un paradoxe évident et une faille écologique et humaniste.
Qu'inculque-t-on à nos enfants, aux futurs adultes? (on oublie toujours qu'un enfant va grandir...)
- que le sommeil c'est bon pour eux ("va te coucher", "dors maintenant!", "tu pleures, tu es sûrement fatigué"...) parce qu'après une bonne journée d'école et de jeux, il faut se ressourcer, et aussi parce que demain il y aura une autre bonne journée d'école et de jeux et qu'il faut la préparer mais surtout parce que c'est bon pour nous qu'il nous fiche la paix vu notre état de fatigue extrême après cette journée de merde au bureau...
- que nous, par contre, nous n'avons pas besoin de dormir et que les raisons sont nombreuses pour veiller, même si, à peine rentrés nous avons refusé une partie de Monopoly ou une balade à vélo, prétextant que nous étions "fatigués" par notre journée de travail. Mais nous, fabuleux robots du troisième millénaire, nous ne sommes pas comme ces petits êtres faibles que sont les enfants et nous n'avons pas besoin de nous reposer après notre "bonne journée d'école et de jeux", nous préférons largement regarder la télévision ("ça détend"), lire jusqu'à plus d'heure ("ça instruit"), surfer sur internet ("ça amuse") ou faire les multiples tâches ménagères, repassage et consort ("ça ne peut pas attendre")
Bref, depuis toujours, il va de soi que, dans l'inconscient collectif, dormir c'est bon pour les jeunes enfants, les vieux et les malades. Un adulte vaillant, efficace et performant n'a pas besoin de sommeil.
J'ai toujours beaucoup dormi. Et j'ai toujours écouté mes besoins physiologiques, je veille peu, je m'accorde des siestes royales avec ou sans mes enfants et je suis capable de refuser une invitation à diner ou une sortie trop tardive pour m'accorder du repos quand je le ressens. De fait, j'ai souvent été pointée du doigt comme une "petite nature" voire une "fainéante".
Notre société a un vrai problème avec le sommeil. Pourtant, si nous acceptions d'aller dormir quand cela nous est nécessaire, si nous respections le rythme que notre corps essaie de nous imposer, nous pourrions éviter de nombreuses maladies, des dépressions, des sautes d'humeur et nous pourrions savourer l'existence avec plus d'entrain et de profondeur. Je suis ravie de voir que mes enfants n'ont jamais eu peur d'aller se coucher et qu'ils apprécient chacun de dormir comme ils aiment manger et jouer. En respectant leurs besoins naturels (très peu pour mon fils, énormément pour ma fille) j'espère leur avoir appris à se respecter et, de fait, à respecter la Nature.
Et je veux croire qu'en respectant notre fonctionnement interne, on puisse aussi accepter celui des autres. Accepter que les artisans aient le droit de dormir, que les magasins soient fermés après 19 heures, que tout ne puisse pas être accessible en fonction de nos caprices, que le repos est un droit pour tous. Dormir est aussi une bataille écologique pour un monde qui tournerait moins vite et permettrait à ses habitants de ne plus produire à contresens. Imaginez un peu l'économie d'énergie que représenteraient le fait d'éteindre les lumières de la ville, de cesser la production nocturne...
En attendant que le monde se remette à marcher droit, prenez soin de vous et de votre sommeil, pas pour toutes les belles raisons trouvées dans les magazines, mais simplement pour vous donner le droit de ne pas toujours être un actif.
Mais, à propos, pourquoi n'allez-vous pas vous coucher lorsque votre corps le réclame?
mercredi 12 mars 2008
Pensées en vrac
Beaucoup d'idées en vrac en ce moment... Je vous fais un petit florilège, sans souci d'organisation, vous voudrez bien m'en excuser, mais à force de vouloir écrire des articles parfaits je n'en écris plus du tout, du coup, tant pis, ce soir, c'est du « comme ça vient »... Allons-y :
J'ai découvert récemment Noam Chomsky. On m'a prêté un de ses livres, c'est passionnant et tout à fait ravigotant. Enfin quelqu'un qui dit ce qu'il pense... et qui a pensé avant de parler ! Le bouquin s'intitule « deux heures de lucidité » et traite, entre autre, de la propagande faite par les capitalistes pour le capitalisme, des centres du pouvoir, de la « démocratie », des médias, etc. Tout ce à quoi je pense depuis plusieurs années, les choses que j'essayais de théoriser, les pensées éparses que j'essayais de systématiser... il le fait avec concision et simplicité. Un livre à lire, d'urgence.
On parle beaucoup, sur ce blog, de consommation et de simplicité volontaire. J'ai avancé l'idée que moins consommer c'était reprendre du pouvoir sur sa vie, en tout cas, c'est comme ça que je le vois. Chomsky démontre, documents à l'appui, que des industriels et des hommes d'affaire, depuis la fin des années 30 puis surtout depuis l'après deuxième guerre, ont réfléchi à des méthodes et des mesures qui amèneraient les gens à « s'attacher aux « choses superficielles de la vie, tels les objets de consommation à la mode » oubliant les idées dangereuses de compassion, de solidarité, de souci d'autrui et, d'une façon plus générale, les valeurs humaines. » (Je ne sais pas de qui est la citation à l'intérieur de la citation.) Voilà qui est joliment résumé. Il explique que les masses doivent être tenues dans une relative ignorance et que le travail des « élites » consiste à faire perdurer le système. Les gens au pouvoir n'ont pas du tout intérêt à ce que les gens se mettent à penser par eux-mêmes. Les médias participent de cette perpétuation de l'ignorance. On informant sur des broutilles (les frasques de Sarkozy, plutôt que les lois liberticides qui passent en douce, par exemple), en ne relayant pas les combats de la « base », en noyant le poisson... Cela m'est déjà arrivé plusieurs fois de participer à des manifestations importantes (en nombre et en raison d'être) qui n'étaient absolument pas couvertes par les médias. Pensez-vous, les gens pourraient se rendre compte qu'ils ne sont pas les seuls à lutter, ils pourraient reprendre espoir et se avoir l'idée de se battre à leur tour !
Et puisqu'on parle d'information, il faut quand même que je vous informe sur les nouveaux programmes, à l'heure actuelle « soumis à consultation » (c'est à dire qu'on va pouvoir dire qu'on n'est pas d'accord, mais on ne sait pas si quelqu'un nous lira, et encore moins si on tiendra le moindre compte de notre avis...) dans les écoles. Je ne les ai pas encore lus dans leur totalité, c'est assez indigeste et surtout, ça me flingue le moral. Déjà que je me demandais si j'allais survivre à l'école... Juste quelques petits extraits pour vous donner une idée. Ce matin, nous avons épluché les programmes de sport. Auparavant, il était question d'apprendre à coopérer, de mener des actions, de jouer... Maintenant, le terme de coopération disparaît des intitulés des CE2 CM1 CM2. Par contre, lors d'un combat de lutte, l'objectif, c'est écrit noir sur blanc consiste à « mettre à terre » son adversaire. En jeux de raquettes il faut « marquer des points ». Vous me direz, c'est l'objectif de ces sports, en « vrai ». Oui, mais à l'école, ce n'est pas ça qu'il faudrait enseigner aux enfants; La loi de la jungle et les plus forts qui dominent les autres, il n'y a pas besoin d'instits pour l'enseigner, ça vient assez facilement ! Par contre, la coopération, l'attention aux autres, l'entraide... J'ai fait de la lutte il y a trois ans avec des CM, c'était génial. Ils découvraient leurs forces, il apprenaient à respecter leur corps et celui de l'autre tout en allant au contact, ils apprenaient à observer les autres, à chercher des tactiques... Nous ne mettions absolument pas l'accent sur le fait de gagner ou de perdre...
En mathématique, pour le cycle 2 (GS, CP, CE1) il n'est plus question d'apprendre à réfléchir et à comprendre les maths, comme on essaie de le faire actuellement. L'accent est mis sur les techniques opératoires qu'il faut maîtriser très très tôt (addition, soustraction, multiplication en fin de CE1... pour l'instant, on commence la multiplication en CE2 et on l'exige en fin de CM1). Nous ferons de vos enfants de bons consommateurs et de bons travailleurs. D'autant que nous allons revenir à la morale d'antan, leur apprendre à se lever dès qu'un adulte rentre dans la classe (oui, c'est écrit dans les programmes) dès qu'ils entendent la Marseillaise, et à vouvoyer leur enseignant. Un peu de respect, que diable. Voilà pour mon début de lecture. Ah oui, et j'ai survolé la colonne « arts visuels » et pour le peu que j'en ai vu, on va devoir enseigner aux enfants l'histoire de l'art -ce qui n'est pas inintéressant en soi – au détriment de la pratique artistique...
C'est bizarre, non ? On va apprendre qu'il y a des objets de valeur (le cristal de Venise est au futur nouveau programme, je ne sais même pas trop ce que c'est moi-même) et qu'on peut les acheter, et donc qu'il faut de l'argent, au lieu de découvrir sa créativité, de s'enrichir, de se libérer... Je pense que quelqu'un qui écrit, qui peint, qui chante, qui danse... qui a une pratique artistique ou manuelle, quelque qu'elle soit et même si elle est irrégulière, est beaucoup moins manipulable que quelqu'un qui n'en a pas. C'est une pensée que je ne peux pas prouver, je n'ai rien lu qui confirme ou infirme ça, c'est simplement une intuition. L'art permet de sortir des chemins balisés. L'art permet de se rapproprier qui l'on est. L'art libère, il desserre l'étau, il donne confiance en soi, il solidifie notre sentiment d'existence. L'art nourrit, bien plus que la consommation, pour en revenir à notre point de départ. Peindre un tableau, c'est entrer en soi, c'est pour un instant s'autosuffire... Or, tout le monde a des capacités créatrices. Tout le monde a besoin de les exprimer... et très peu le font.
D'abord parce qu'on fait de l'art quelque chose d'intouchable, de réservé à ceux qui savent... Écrire de la poésie, c'est bon pour les poètes. Peindre, c'est réservé aux peintres, etc. De plus, de toute façon tous les artistes crèvent la dalle et en plus, ce n'est pas un métier sérieux... et ce n'est pas non plus une activité sérieuse. Ce n'est pas responsable. Pour pouvoir créer, il faut pouvoir retrouver l'enfant en soi, et lui donner une place. S'amuser avec des couleurs, avec des mots, sans objectif de rentabilité, juste pour se faire plaisir, dans une société où tout le monde semble trimer et souffrir, c'est très culpabilisant. Et pourtant...
Bref... Je vous encourage à créer... N'importe quoi. Enfiler trois perles pour faire un collier pour une amie. Mettre ensemble quelques fleurs pour un bouquet. Inventer un gâteau avec des ingrédients improbables. Raconter une histoire aux enfants. Si vous ne savez pas quoi, qui, quand, dites les premiers mots qui vous passent par la tête puis laissez l'histoire se dérouler, comme elle vient. Ça vient, au bout d'un moment. Repeindre l'armoire de la salle de bain. Colorier un mandala... N'importe quoi qui vous fasse du bien, n'importe quoi qui vous donne le sentiment que vous êtes vous, et pas n'importe qui, que votre vie a de la valeur et que vous pouvez faire quelque chose, que vous n'êtes pas dépendant du « système » à 100%. Il n'y a pas besoin d'argent pour créer. Pour écrire un poème, il faut un crayon et une feuille. Pour danser, il faut un corps. Pour chanter... Bref, vous pouvez...
Voilà, c'est fini mon vrac pour ce soir. J'espère que c'était quand même compréhensible...?
lundi 25 février 2008
La définition impossible de la Simplicité Volontaire
Par Laurence
Article ayant servi à la rédaction du livre
"L'art du désencombrement. Se libérer de l'inutile pour vivre plus léger" aux éditions Jouvence
Je crois que tout cela n'a au fond pas beaucoup d'importance et que mettre un nom sur cette philosophie/façon de vivre/dogme/principe... correspond surtout à notre volonté systématique de classifier les choses et de tout bien ranger dans des catégories. Je n'ai aucune définition à donner de la Simplicité Volontaire et je crois que le mot tout comme le concept me fatigue sérieusement s'il n'est que prétexte à phosphorer sans agir. Je laisse aux sociologues et autres observateurs de la nature humaine le loisir de dresser le portrait robot du simpliste volontaire et de jauger si tel ou tel en mérite le nom. La catégorisation ne m'a jamais intéressée.
Bien sûr qu'il existe des tas de gens simples, qui n'ont aucunement besoin de se sentir appartenir à un nouveau groupe à la mode. Bien sûr qu'il existe des milliers d'individus qui vivent en harmonie avec leur quotidien et leur environnement (à petite et à grande échelle) sans porter le drapeau ECOLO en bandoulière. Les écolos existaient bien avant le terme qui les identifie et je me fiche bien finalement de savoir quel journaliste ou découvreur de phénomène sociologique a pu donner aux gens simples le nom de "décroissants" ou de "simplistes volontaires"
J'ai utilisé ce mot car il me permettait de parler rapidement de ce que je ressentais depuis longtemps : faire le vide en moi et autour de moi pour ne garder que l'essentiel. Ce qui me plait dans le mot "SV" ce n'est pas tant l'idée de simplicité que le second mot : VOLONTAIRE. Et c'est là peut-être que je fais une différence avec les gens juste SIMPLES. Car le second mot montre bien à quel point il s'agit d'un engagement, d'une décision, d'une volonté et d'un effort alors que les gens simplement simples le vivent naturellement...
La simplicité volontaire n'est pas faite pour les gens simples, elle n'a pas de sens pour eux. On ne donne pas une bouée à quelqu'un qui sait nager.
La SV n'est un concept intéressant que pour les gens compliqués dans mon genre, ceux pour qui choisir entre la consommation de masse et l'éthiquement correct ne va pas de soi, ceux qui ont besoin de s'épancher sur un site et d'écrire un article de 6 000 signes pour savoir s'il est préférable d'acheter un poireau bio importé ou son homologue local bourré de pesticides. Les gens simples tranchent avec justesse, choisissent avec lucidité, découvrent avec spontanéïté, jouissent sans culpabilité et font ce qui leur paraît le plus raisonnable.
Les gens compliqués et névrosés comme moi se retiennent d'acheter leur paquet de gâteaux favoris parce qu'il est bourré d'OGM et ne se sentent même pas satisfait de leur sacrifice, se disent qu'ils partiraient bien en vacances à l'autre bout du monde tout en faisant attention à leurs dépenses d'énergie, ont besoin de lire des livres de spécialistes pour comprendre comment le monde tourne ou pour croire en Dieu, dissèquent leurs pensées, leurs actes, leurs achats et ont besoin d'un dogme de plus pour se rendre la vie plus simple.
Voilà ce qu'est pour moi ce mot de SV ou plutôt ce qu'il est en train de devenir : un nouveau dogme. Et une nouvelle prison. Alors je me fous bien de savoir si j'appartiens vraiment ou non à cette catégorie, je me fous bien de savoir si j'en suis "adepte" et je n'ai surtout pas envie d'en exposer les lois ou les principes comme Moïse les dix commandements.
Oui je cherche une vie plus simple, oui pour moi le désencombrement est réellement une première phase vers cette liberté qu'est la simplicité car si futile et superficiel qu'il paraisse, il me permet de comprendre quelles sont les valeurs auxquels je tiens réellement, il m'aide à mesurer ce que je veux retenir et montrer de moi, il est un premier pas vers plus de liberté matérielle, financière et spirituelle. Il est bien loin d'être une technique supplémentaire d'organisation de la maison ou de ménage que seules des executive women peuvent adopter entre les tableaux de planification des repas et l'agenda cloisonné.
Vider les placards puis virer les placards eux-mêmes. Constater que les pièces sont presque vides sans les placards. Vendre la grande maison vide, presque deux fois plus cher qu'on l'avait achetée suite aux travaux et aux améliorations que l'on a faits, racheter cash une maison deux fois plus petite mais assez grande pour loger sa famille et le peu de meubles qui restent, se rendre compte qu'on économise maintenant les 900 euros que l'on donnait pour rembourser le crédit immobilier de la grande maison vide, s'autoriser enfin à travailler à mi-temps et écrire, ou prendre une année sabbatique pour voyager avec les économies dégagées, VOILA à quoi en ce moment, la "technique" ridicule du désencombrement est en train de me mener. A la réalisation de mes rêves de jeunesse, à la pleine possession de moi, à la liberté de faire correspondre mes convictions et le monde réel dans lequel je vagabonde, à une vie plus simple car plus centrée sur l'essentiel : les miens, MOI, la vie, le rien...
Jeter ses casseroles peut faire sourire. Mais aucune casserole ne vous consolera jamais de la perte d'un proche, aucun meuble ne vous fera passer votre plus folle et plus belle nuit d'amour, aucun téléphone portable ne suivra votre cercueil au cimetière, aucune télévision dernier cri ne vous dira jamais "je t'aime" ni ne vous demandera si vous aimez les fleurs... Les objets éloignent des gens mais seuls les gens comptent car seuls les gens font le monde et la vie que vous aimez tant. Combien de temps passez-vous à vous occuper de vos objets, à les laver, à les ranger, à les classer, à les acheter, à les revendre, à les collectionner, à les réparer? Et combien de temps consacrez-vous réellement à vos proches, à vous-même?
Combien d'argent dépensez-vous pour ces objets en achat mais aussi en assurance, en entretien? Combien de temps pourriez-vous vivre sans travailler avec tout cet argent? Pourriez-vous enfin ouvrir votre "propre affaire"? Pourriez-vous reprendre vos études? Elever vos enfants? Voyager? Ne rien faire?
Voilà ce qu'est pour moi le désencombrement et la Simplicité Volontaire puisqu'il faut lui donner un nom : un rendez-vous avec la vie. Mais seulement avec la mienne (je ne peux pas parler et décider pour vous)
Volontaire évoque aussi très bien pour moi l'idée qu'on est seul face à cette notion de simplicité et que ce qui est simple pour certains peut s'avérer compliqué pour d'autres. J'ai beaucoup aimé un récent commentaire de Tom qui se demandait si l'on devait sacrifier les livres sur l'autel de la SV. Effectivement, si la SV se transforme en sacerdoce, en carême permanent, alors elle n'a pas rempli son objectif. La SV ne doit pas nous compliquer la vie! Un moment, j'avais résolu le problème de l'encombrement des vêtements par une garde robe minimaliste : 7 tenues, une pour chaque jour de la semaine, on peut difficilement faire plus simple. Sauf que n'étant pas très régulière dans mes lessives, il était rare que mes 7 tenues soient propres pour la semaine suivante ou alors les vêtements qui allaient ensemble n'étaient pas propres en même temps, de sorte qu'au bout d'un moment, m'habiller devint un vrai casse-tête! Je m'étais bien compliqué la vie!
Lorsque je parle de désencombrement, chacun ne peut juger que ce qui est bon pour lui. Ce n'est pas tant le nombre d'objets qui compte que la valeur qu'on leur donne, ce qui me semble important c'est de s'entourer de choses qui nous ressourcent, que l'on trouve belles. Avec ma fille, nous collectionnons les fèves, avouez qu'il y a plus simple non? Mais pourtant, j'aime cette collection et je ne souhaite pas m'en débarrasser, j'aime les moments que je prends avec ma fille pour regarder nos fèves, pour dénicher la pièce manquante dans les vide-greniers, pour les classer par série puis les remettre en vrac dans le grand panier pour mieux recommencer une prochaine fois... Par contre, j'étouffe devant ce bureau imposant ou cette table de chevet inutile...pour moi.
Non la SV ne doit surtout pas diriger notre vie, ni devenir une loi de plus qui nous priverait du sel de la vie. Au contraire, elle doit nous amener à plus de profondeur et de réalité. Et surtout, à plus de vérité sur nous-mêmes.
Et moi, j'aime les vêtements et les fèves!
samedi 2 février 2008
Prêter attention...
...ou, les petites choses...
(C'est rigolo, j'avais commencé à écrire cet article avant que Cherry Plum ne mette « défragmentation » en ligne... Comme quoi, une fois encore, nous sommes plus ou moins dans les mêmes thèmes sans se concerter...)
Adolescente, je
me suis longtemps demandée pourquoi j'étais sur terre,
quel sens tout cela pouvait bien avoir et si ça valait
vraiment le coup de rester en vie. La question du bonheur me
turlupinait particulièrement : qu'est-ce que ça pouvait
bien être que ce sentiment, cette émotion, peut-être
même cette sensation dont on nous rebattait les oreilles alors
qu'aucun de nous n'avait l'impression de l'avoir jamais rencontré...?
Finalement, après deux bonnes années de doute et de
tergiversation, j'ai décidé un beau jour que j'avais
vraiment envie de vivre, et que j'allais me donner les moyens de le
faire à la hauteur de mes attentes. Je me suis levée un
matin en me disant que j'allais être heureuse, quoique ce terme
puisse recouvrir. Je me commençais à me faire une
certaine image du bonheur et du sens possible à donner à
ma vie...
Et quinze ans
après cette décision, je continue à affiner, à
chercher, et j'ai l'impression que les réponses que j'ai
trouvées me conviennent de plus en plus. Je vous les livre
donc.
J'ai commencé par me demander quelles étaient les situations où j'étais le plus heureuse, les moments qui me plaisaient le plus... et à contrario, ceux où j'étais la plus triste / déprimée / malheureuse... Pour me rendre compte, dans mes tripes, de ce qu'un certain nombre de philosophes affirment depuis l'antiquité... A savoir, que c'est d'être dans l'instant qui donne son sel et son sens à la vie.
Je m'explique. Moi, ce qui me rend la plus heureuse, c'est de danser, de sauter, de nager... bref, d'être dans mon corps. En fait, je commence à comprendre que cela me fait particulièrement du bien parce que lorsque je suis dans ce type d'activité physique, surtout la danse d'ailleurs, je ne pense à rien d'autre. Je suis dans le mouvement, je suis le mouvement. Je suis entièrement présente à moi-même, à l'instant, tout en étant présente au monde (ne pas foncer dans un meuble, si je suis chez moi, faire attention aux autres si je suis en cours) et à la musique qui est ma véritable partenaire dans cette aventure. Mes sens sont tous en éveil, toucher, ouïe, vue, mes émotions affleurent qui peuvent être entendues... je suis là, tout simplement.
Par contre, quand je suis mal, c'est rarement parce que dans l'instant présent tout va mal. Dans la plupart des cas et pour la plupart d'entre nous, quand nous nous sentons malheureux, c'est parce que nous sommes dans le passé, en train de nous plaindre de ce qui nous est arrivé, de ce qu'un tel ou une telle nous a fait...; ou bien nous sommes dans le futur, à craindre que, à attendre que, à espérer que, à douter que...
C'est pourquoi, je me proposais de vous proposer (et oui, une proposition!) quelques exercices d'attention aux petites choses... exercices qui sont à l'heure actuelle ce qui me fait le plus de bien dans ma vie quotidienne. (et après tout, le quotidien, c'est bien ce à quoi on se coltine, autant en profiter au maximum). Ce ne sont que de petites choses évidentes... qu'on oublie trop souvent.
Par exemple : quand avez-vous pour la dernière fois regardé le ciel ? Nous avons des yeux pour voir et nous traversons le monde en aveugle, sur pilotage automatique. Nous voyons, mais nous savons peu regarder. Quelle est la couleur des yeux de votre voisin ? Où sont les fleurs les plus proches de chez vous ? Avez-vous remarqué que les bourgeons sont déjà dans les arbres ? Que le petit des voisins a perdu une dent ? Quels habits portaient vos collègues/parents/amis hier ? Si vous vivez en couple, regardez, vraiment, comme si vous vouliez le-la dessiner, votre partenaire. Prêtez attention aux inflexions de sa voix, à son ton, ses silences. Laissez-vous surprendre. Oubliez que vous croyez le-la connaître par coeur.
Là, vous êtes en train de me lire: avez-vous conscience de votre position dans l'espace ? De vos tensions ? De votre respiration ? Avez-vous chaud, froid, faim ? Des crampes, envie de bouger, de boire ? Quelle est la sensation du tissu sur votre corps , du sol sous vos pieds, de vos fesses sur le siège ? Doux, rêche, chaud ? Quels sont les bruits qui vous entourent ? Entendez-vous les oiseaux quand vous sortez de chez vous ? Ou les voitures ? On peut s'entraîner, même en vaquant à ses habitudes à agrandir son cercle d'attention. On peut écouter les bruits proches ou bien les bruits lointains. En fait, on entend toujours tout, vu qu'on ne peut diriger ses oreilles ni les fermer, mais nous avons appris à ne pas prêter attention à tout (et heureusement, nous serions tellement dispersés!). Du coup, nous devons parfois faire l'effort inverse. Là, le bruit le plus proche est celui de l'ordinateur, son ronronnement, le bruit de mes doigts sur le clavier. En bas, il y a de la musique et les enfants qui jouent et discutent...
Essayez, la prochaine fois que vous passez à table, de goûter au moins une bouchée. Juste une (mâcher tout le repas, c'est vraiment difficile). Faites attention au goût, bien sûr, mais aussi à la température, à la texture, à l'odeur, à l'environnement, à vos émotions et sensations. Mâchez, et appréciez la façon dont les aliments se transforment, leur goût qui se modifie. Sentez cette unique bouchée descendre dans votre estomac. Juste celle-là... Et les suivantes si vous le pouvez !
Utilisez votre nez aussi. Les lieux ont des odeurs, les gens ont des odeurs, les choses ont des odeurs. Il y a des parfum qui vous plaisent ? Donner vous les moyens d'en profiter, portez-les, diffusez-les, respirez-les !
Et là, tout de suite, bougez juste votre bras, pour voir. Refaites-le en prêtant attention. Sentez vos os, vos muscles, juste une ou deux secondes. Regardez votre main, bougez un doigt, puis l'autre. N'oubliez jamais quelle merveille c'est : il suffit de vouloir bouger un doigt pour pouvoir le faire !On n'a même pas à penser qu'on veut tourner la tête pour qu'elle soit déjà tournée ! Nous avons l'extraordinaire chance d'être en vie. Si vous n'êtes pas malade, alors vous bénéficiez encore du cadeau que la nature / Dieu / le hasard à votre convenance, vous a donné la naissance, en général en parfait état de marche. Cela devrait être votre bien le plus précieux. Admirez quelle machine incroyable c'est! Tout fonctionne tout seul, à moins que nous ne l'abîmions vraiment beaucoup!. Barefoot Doctor, un auteur que j'apprécie, dit que le simple fait de respirer pourrait suffire à notre bonheur. Allez-y, respirez!!, lâchez les mâchoires. Pleurez si les larmes viennent, riez si ça vous démange. C'est l'instant, c'est le magique de nos vie. Sentez la vie qui vous traverse...
Prêter attention, c'est aussi accepter de chercher tout ce qui va bien dans nos vies. Nous avons la chance d'avoir reçu une éducation, nous possédons suffisamment d'argent pour au moins posséder un ordinateur et internet... Nous faisons partie des 2% de privilégiés de la planète !!! Il est interdit de l'oublier!!! Nous n'avons pas peur de recevoir une bombe sur la tête demain, nous mangeons à notre faim, nous avons un toit et de quoi nous habiller... Je vous dis ça, ce n'est pas du tout pour faire la morale...mais il est si facile de s'apitoyer sur son sort... Et on a le droit de le faire... on a le droit de se rendre malheureux. Ça me prend, parfois. J'ai envie de tout voir en noir, de me morfondre et de grogner... Et puis ça passe. Mais l'attention aux petites choses, c'est aussi prendre conscience de toute la chance qu'on a. C'est arrêter de chercher toujours ce qui ne va pas, ou pourrait ne pas aller. Pas de souci, on peut toujours trouver... mais si on cherchait ce qui va bien? Ou ce qu'on peut faire pour que ça aille mieux ? Si on faisait la liste de tout ce qui fonctionne ? Nos enfants adorables... qui crient parfois, mais qui sont en vie ! Notre travail peut-être pénible mais qui nous nourrit... et cette possibilité, toujours ouverte quoiqu'on en pense, d'en changer si ça ne nous convient plus !
Prêter attention, enfin, c'est regarder passer les émotions qui vous traversent. Ces envies fugaces, de pleurer ou de rire. Ces envies de mordre peut-être, de hurler... les passages à l'acte ne sont pas forcément recommandés, mais prendre en compte ce que ça nous dit... Parce que ça parle en nous, ça discute et ça s'agite... et ce que ça dit, même si c'est passager – et les émotions ne sont que passagères – est à entendre...
Précautions et mises en garde : ces exercices ne sont pas sans risques! Prêter attention aux choses peut vous permettre de voir ce que vous ne voulez pas voir... les cernes de votre meilleure amie qui va tellement bien ! Les plantes en pot qui sont en train de mourir faute de soin. Et cette petite voix au fond de vous qui vous chuchote des pensées interdites. Bon courage.
mardi 29 janvier 2008
Défragmentation du cerveau
Petite déprime hivernale chronique. "Où courge, où vais-je, dans quelle étagère, à quoi Serge et pourquoige?"
Je lui parle de ma tête qui va imploser, de l'impression de courir après le temps, de le perdre aussi, de n'être à ma place nulle part, de m'éparpiller dans de vastes projets dont je ne jette parfois même pas les plans sur papier.
J'évoque les convictions difficiles à mettre en pratique, les doutes, les trop nombreux paradoxes qui font ma personnalité et j'explique ma volonté de me transformer en gros bloc de granit aux contours bien nets. Marre d'être cette mosaïque de sentiments, de réflexions, d'avancées et de retours en arrière. Marre d'avoir l'impression de m'épuiser pour des tas de choses qui ne m'apportent pas autant qu'elles me pompent.
"Vous comblez les vides en fait, me répond-elle
- ...?
- Vous êtes comme un ordinateur qui ne supporte pas l'espace inutilisé et qui défragmente pour réparer les trous. Vous multipliez les activités, comme ça il n'y a plus de vide"
...
C'est ça. Moi qui vient de pondre un article sur mon allergie aux objets et mon besoin de "faire le vide", je m'épuise à combler les trous de mon emploi du temps et à remplir ma vie de projets plus ou moins ambitieux. Remplir... l'agenda, le carnet d'adresses, la boite aux lettres, le temps "libre". Remplir. Fuir.
La Simplicité Volontaire me pousse à me regarder en face. Encartonner des objets, vider les lieux, ce n'est que la métaphore de mon propre besoin de faire le vide en moi.
Accepter enfin que j'accumule dans ma tête autant que je me débarrasse dans ma maison; Regarder en face le fait que vouloir vivre dans une yourte n'a pas autant d'importance que de vivre en toute liberté en moi.
Ce qu'il faut vider, c'est l'intérieur de soi, pas l'intérieur de son "chez-soi". Je suppose que cela passe par une (re)définition des priorités, des gens qui comptent, des moments essentiels à ma vie. Comme pour les objets, il va falloir que je traque l'inutile, le moche, le débris, les trucs inadaptés, les envies jetables.
Il est temps de s'intéresser de plus près aux copains choisis à la hâte comme un vêtement un jour de soldes, aux relations familiales ou amicales usées et décidément perdues comme ce vieux jouet de notre enfance dont on s'est enfin détaché, aux activités culturelles et associatives épuisantes comme cette armoire trop grande qui cache la vue du jardin, aux dîners mondains et ces sorties "en bande" consommés en masse comme ces boites en plastique achetées par lot de 10. On peut facilement comparer ces petits riens qui envahissent notre quotidien à ces objets qui colonisent notre habitat.
Je remplis par peur de mourir. Exister est pour moi terriblement étrange. je ne comprends tout simplement pas à quoi sert l'existence. Il n'y a rien de pessimiste là-dedans, juste une incompréhension totale, métaphysique face à ce processus de naissance, de vie puis de mort qui se répète depuis des millénaires. Au Moyen-Age, le clergé faisait croire au peuple que le passage sur Terre n'était qu'un bout de chemin, une sorte d'anti-chambre avant la vie éternelle. Aujourd'hui que notre monde vit moins étroitement lié avec l'infini, à l'heure où le matérialisme remplit davantage les rayons des hypermarchés que la spiritualité les églises (ou synagogues, temples, mosquées...), la question du passage sur Terre ne se pose plus. De fait, puisqu'être sur Terre est une fin en soi et qu'il ne semble pas y avoir de rédemption au delà du rideau, il faut bien trouver un sens quelconque à son existence, avant de mourir.
La société de consommation nous aura fait croire que ce sens passe par la carrière, l'accumulation de biens, une vie tumultueuse remplie d'enfants, d'amis et de travail. Se faire un nom, "réussir sa vie", "devenir quelqu'un" sont à peu près les seules chances qui nous restent de justifier notre présence sur Terre. Sans cette course à la réussite, l'homme se retrouve face à cette insupportable évidence "je ne sers à rien" et la vie n'a aucun sens sur 80 ans quand on la rapporte à l'échelle géologique.
Je suppose que c'est pour ces raisons que, depuis 32 ans, j'occupe mon temps en accumulant les passions, les activités, le travail, la vie de famille, l'amitié et les projets que je ne réaliserai jamais mais qui m'occupent tout de même beaucoup.
Alors qu'il serait tellement bon d'accepter que ma vie ne sert qu'à alimenter un système naturel de renouvèlement d'une espèce. Accepter que je suis foncièrement un outil de la Nature au même titre qu'une plante ou un micro-élément me libèrerait de cette obligation de "trouver un sens à ma vie".
En attendant, il est temps de ne plus défragmenter et de laisser les vides sans chercher à les combler.
samedi 26 janvier 2008
Allergie aux objets
Récemment, nous avons été interviewées par deux journalistes de magazines féminins. L'une d'entre elles m'a posé cette question : "Jusqu'où la Simplicité Volontaire vous a-t-elle amené que vous n'auriez jamais imaginé?" J'ai répondu deux choses :
- la première, sans hésiter, c'est à la descolarisation de mes enfants. C'est bien par volonté de vivre au plus près de la Nature, des rapports humains et des choses simples que nous avons décidé avec mon mari de retirer nos enfants de l'école pour les instruire en famille. Cependant, en SV, il est dangereux d'aller trop vite et il vaut mieux bien souvent répondre scrupuleusement à cet adage : "Il est urgent d'attendre". Tout ce que l'on précipite risque d'échouer. Il faut faire les choses non quand on les décide mais lorsque ce sont elles qui s'imposent à nous. Alors on évite la sortie de route comme ce fut le cas pour l'instruction en famille. Ce projet ne s'imposait que de notre côté. Notre fille, par contre, l'avait simplement décidé et non reçu comme une évidence. Elle a demandé à réintégrer l'école parce que, finalement, l'IEF lui compliquait davantage le coeur et la tête que la scolarisation et ses règles strictes. Je l'ai vécu comme un échec mais le temps et les réactions de mes proches m'ont appris qu'il s'agissait plutôt là d'une réussite.
- la deuxième chose à laquelle je ne pensais pas que la SV m'amènerait, c'est à ne plus supporter la belle et grande maison que nous rénovons depuis plus de 5 ans. Non, je n'imaginais pas qu'un jour je rêverais de déménager dans un habitat beaucoup plus petit et plus vide!
Alors même que les critères de réussite de notre société passent par les signes extérieurs de richesse (auxquels je n'ai jamais échappés), me voilà à espérer réduire durablement et volontairement la taille et le nombre de toutes choses qui m'entourent. Cela semble sûrement évident et anodin aux adeptes inconditionnels de la SV et aux écolos de longue date. Mais comprenez bien que pour une ex-consommatrice urbaine dans mon genre, il s'agit d'une révolution. Moi qui n'ait jamais travaillé que dans le but "glorieux" de m'acheter une "belle maison" remplie des meubles les plus soignés et parée des tapis les plus précieux, je me mets à surfer sur des sites internets de maisons bioclimatiques et autres "habitats plumes" comme les roulottes, les yourtes et les péniches. Plus sérieusement (quoique l'option "yourte" me revienne souvent à la bouche et à l'esprit), mon but aujourd'hui, après avoir vidé plus de la moitié de la maison de ses encombrants objets, m'incitant de fait, à me débarrasser de leurs contenants (meubles et consorts) est de jeter la maison elle-même.
Et ça, il y a quelques petites années, lorsque j'ai découvert la SV, je ne m'en serais jamais douté!
Cette maison, pour laquelle je me suis parfois saigné à blanc, pour laquelle j'ai investi de nombreux mois de rénovation, vers laquelle nos attentions et nos pensées se sont tournées pendant des années, nous empêchant parfois de nous occuper correctement de nos enfants, nous interdisant souvent les vacances bien méritées, nous bouffant toujours l'intégralité de nos économies, cette maison donc est devenue trop grande, trop haute (3 niveaux!), trop gourmande de temps et d'énergie. Contre toute attente, je rêve d'une immense pièce de vie rassemblant le minimum de meubles pour y vivre l'intégralité des activités (repas, détente, travail, repos...)
Je développe peu à peu une allergie aux objets. Pourtant, mes amis en sont témoins, c'est par mètres cubes que j'ai vidé ma maison. Je ne compte plus le nombre de tours effectués, coffre de voiture ouvert, à Emmaüs. Je ne compte plus le nombre d'objets vendus en vide-greniers ou sur internet ni le nombre de vêtements donnés aux copines ou aux oeuvres, le nombre de livres, de jouets, de matériels éducatifs cédés à l'école et aux crèches environnantes... Deux longues années de tri, de vente, de dons, de recyclage pour arriver, je le pensais, au minimum vital. Ce minimum est encore bien trop. Je le vois lorsque je lis des livres sur les nomades et je le sens surtout lorsque je calcule le temps que je passe à nettoyer et à dépoussiérer. Je le sens aussi dans mon coeur qui s'oppresse à la vue du "trop plein". Encore trop d'objets inutiles, encore trop de meubles presque vides, encore trop de pièces qui réclament "un petit coup de balai".
Les objets m'envahissent, leur vue seule vide mon énergie, quand la nature ou mes enfants m'en remplissent. Je saisis de plus en plus l'importance du "rien" et la nécessité de limiter ce poison insidieux et sournois qu'est le matériel. Une fois encore, il est urgent d'attendre et le déménagement dans la yourte n'est pas encore au programme mais je sens monter en moi le besoin de me détacher encore plus de ce qui m'entoure. Je vais re-commencer un tri sévère des objets, une vente rapide de meubles qui n'auront plus d'utilité une fois vidés de leur substance et peut-être qu'un jour, au matin, le désir se sera transformé en évidence et il sera temps de pousser la porte d'une agence immobilière pour vendre avec plaisir cette maison choyée devenue trop grande pour nous.
vendredi 16 novembre 2007
La voiture et moi, et moi, et moi...
L'ère du pétrole bon marché touche à sa fin. Les experts ne s'étripent plus pour savoir s'il y aura ou non un pic de pétrole, ils se disputent maintenant pour évaluer la date de ce pic. Et pour certains, le pic à déjà eu lieu... (Pour les novices, le pic de pétrole n'a rien à voir avec la fin de la production, mais c'est le moment où le pic de l'extraction de pétrole atteint un maximum... à peu près donc quand la moitié des réserves a été épuisée) Depuis 2002, le prix du baril de pétrole a triplé, et rien ne vient indiquer qu'il pourrait se mettre à baisser, bien au contraire...
Bonne nouvelle
pour la planète ? Peut-être, quand on sait que le
pétrole et ses dérivés sont parmi les principaux
polluants de notre terre... Mais pour notre société...
ça risque de ne pas être drôle tous les jours. En
effet, d'une part notre croissance économique est liée
à la consommation de pétrole.... donc nous risquons une
dépression économique majeure dans le monde. De plus,
les matières premières, toutes fabriquées grâce
au pétrole, ont déjà commencé a
augmenter... et ce n'est pas terminé. Rappelons que la majeur
partie de notre alimentation « conventionnelle »
est produite grâce au pétrole. Les engrais sont
fabriqués avec du pétrole, les pesticides aussi, les
champs sont labourés grâce au pétrole et tout ça
arrive près de chez nous grâce... au pétrole. Un
quidam dont j'ai oublié le nom avait résumé en
disant « nous nous alimentons de pétrole »...
Les entreprises
vont avoir du mal à gérer cette crise: les plus faibles
disparaîtront, renforçant l'emprise des multinationales.
Par contre, nous assisterons à une relocalisation de
l'économie... mais ça ne s'improvise pas... Vous-même,
par exemple, à combien de km de chez vous travaillez-vous? Y
a-t-il des moyens de transports en commun rapides et suffisamment
fréquents qui pourraient vous permettre de vous déplacer
sans voiture à partir de chez vous? Les banlieues, par
exemple, ne sont absolument pas conçues pour qu'on y vive sans
voiture...
Pour en revenir
à l'agriculture, l'utilisation de tracteurs, engrais,
pesticides a tellement fragilisé la terre que certains
indiquent qu'il faut 5 à 10 ans pour qu'elle redevienne
fertile après un tel traitement. Les couches arables se
forment à la vitesse de 2,5cm tous les 500 ans... (On est en
train de découvrir d'autres façons d'accélérer
le processus, mais il faudra se donner les moyens de le faire...) De
plus, les paysans désertent les campagnes, les savoir-faire se
perdent... et il faudra du temps pour reformer les gens à
produire au moins une partie de leur nourriture. Enfin, les
agrocarburants feront une concurrence féroce à la
production alimentaire... Les pauvres agriculteurs du sud et
d'ailleurs commençant déjà à produire du
soja, de la canne à sucre etc... pour que les riches puissent
rouler.
Bref, et j'en
viens à mon titre: et moi, et moi, et moi...
Depuis le temps
que je m'informe sur le pic de pétrole, sur les conséquences
de nos modes de transports sur la planète, ça commence
petit à petit à se transformer en actions réelles
dans ma vie. Petit à petit, oui, parce que la force de
l'habitude, de la facilité, du « allez, ce ne sont
pas deux km de plus qui vont tuer la planète »...font
qu'il y a des habitudes plus difficiles à remettre en cause
que d'autres. Mais il se trouve que je n'ai, en plus d'avoir des
convictions, pas beaucoup d'argent. Or, conduire, ça commence
à devenir très cher. Du coup, ça m'aide à
n'utiliser la voiture que lorsqu'elle est vraiment indispensable.
Certes, il faisait très froid ce matin, mais nous n'habitons
qu'à 800 mètres de l'école, il n'est pas
question de prendre la voiture pour un aussi petit trajet. J'avoue,
cela m'arrive parfois le midi parce que nous n'avons qu'une heure et
quart pour manger et qu'avec mes deux enfants il nous arrive parfois
de mettre 40 minutes pour faire le trajet...aller. Et là, je
me dis que c'est notre conception du temps qui rend les automobiles
indispensables. Il faut tout faire vite. Du coup... pas le choix.
Voiture.
Pourtant, Ivan Illich avait calculé dans les années 70 que la voiture nous permettait de nous déplacer à 5km/heures... en moyenne, bien sûr. (C'est à dire que si on compte le temps passé à travailler pour payer la voiture, l'assurance, les réparations, l'essence... et qu'on le met en rapport avec le temps gagné à rouler plus vite... sans compter le temps perdu dans les embouteillages, chez le garagiste etc... on arrive à ce résultat déjà pitoyable à l'époque et qui doit être encore pire vu l'augmentation et du trafic et du prix des voitures). 5 km/h, c'est la vitesse d'un homme à pied. Seulement, il y a des moments où il faut absolument que nous allions vite et du coup, cela justifie cette aberration sociale, environnementale, humaine et écologique qu'est la voiture. Sociale parce que comme on l'a vu, c'est ce qui permet que les grandes surfaces puissent s'installer à la périphérie des villes, que les banlieues s'étendent toujours plus loin des centres ville, humaine parce que c'est chacun pour soi derrière sont volant, et que les plus faibles crèvent, environnementale parce que la voiture massacre les paysages et écologique... je ne vous fait pas de dessin. (je dessine très mal!)
Revenons à moi. (Quand même !) J'habite à 30 km de Rennes. J'ai des activités à Rennes. (Deux cours de danse). Mais cela devient de plus en plus difficile de justifier à mes propres yeux que je prenne la voiture pour ça. Du coup, j'ai décidé d'aller à l'un des cours en train, parce que les horaires le permettent... Seulement, c'est 10€ le trajet... Du coup, je pense que je ne vais plus y aller. C'est trop cher pour moi... et trop cher pour la planète si je prends la voiture. (C'est tout aussi cher pour moi, mais beaucoup plus indolore puisque je ne paye pas à chaque trajet, donc je peux faire semblant de ne pas me rendre compte que c'est cher). L'autre cours de danse a lieu àdes horaires où je ne peux de toute façon par utiliser les transports en commun... sans y passer la journée entière. Du coup, je commence à prendre conscience de l'aberration totale de mon mode de vie. Dans mon village, il n'y a qu'une boulangerie. Le premier magasin est à 8 km. Et c'est vallonné par chez moi!!! Mais depuis deux semaines, mon compagnon se rend au marché à vélo. Pour Noël, nous allons demander au père Noël (si si, il existe) une barre à vélo pour accrocher le vélo de notre petit gars derrière nous. Quand nous avons vu le prix, nous avons tiqué: 70€... mais à bien y réfléchir, c'est moins cher que deux pleins... Et puis, nous avons maintenant le réflexe presque toujours de grouper les courses... on ne se déplace plus pour une plaquette de beurre: soit on y a pensé avant, soit on s'en passe...
Ce qui m'amène
à reparler de l'argent : la simplicité volontaire est
un processus où l'on décide de gagner moins pour vivre
mieux. Et du coup, c'est un peu un cercle vertueux: le fait d'avoir
moins d'argent permet de/oblige à faire des choix plus
radicaux. J'ai l'impression que personnellement, cela m'aide quand je
« faiblis » à tenir mes engagements. Je
ne prends pas l'avion parce que ça pollue, certes... mais
aussi, et peut-être même surtout, qui sait, parce que je
n'ai pas les moyens de le prendre. Je ne prends pas la voiture à
tout bout de champ, je me déplace le moins possible parce que
ça pollue... mais aussi parce que c'est difficile de finir le
mois après. Alors, j'avoue, j'attends avec impatience des
transports en commun plus fréquent (si je vais à Rennes
en bus le matin, pour rentrer je dois attendre jusqu'à 16
h...) et un peu moins cher (je peux rentrer à midi en train,
mais c'est deux fois et demi plus cher que le bus.)
Et puis, je
réfléchis à comment je peux faire pour
relocaliser aussi mes activités... Pour la danse, ça ne
va pas être très facile. Sans vouloir me vanter, je vais
avoir du mal à trouver des cours à mon niveaux dans les
petites communes autour de chez moi... mais peut-être ai-je mal
cherché.? En tout cas, lorsque l'on calcule le prix d'une
sortie, d'un loisir, etc, on oublie en général
d'inclure le prix des transports...
En tout état de cause, je pense qu'il est tant pour moi et peut-être d'ailleurs pour tout le monde, de réfléchir sérieusement à mon/notre utilisation de la voiture... parce que ce mode de transport est condamné à plus ou moins brève échéance !
(PS : Les informations de la première partie de l'article sont, pour un bon nombre d'entres elles, tirées dun article du journal « La Décroissance » de novembre 2007, excellent journal mensuel et sans pub dont je vous recommande chaudement la lecture... pour seulement 2 euros!)
mercredi 7 novembre 2007
Créativité quotidienne...
Je connais beaucoup de gens dans mon entourage, et cela m'arrive aussi parfois, qui trouvent le quotidien pénible, pesant, répétitif... Or, si le quotidien n'est pas agréable, qu'est-ce qui reste ? Pas grand chose ! Les week-end reviennent de temps en temps mais les vacances, pour la plupart des gens, c'est cinq semaines par an... et elles ne sont pas forcément très folichonnes... Donc, il n'y a pas le choix, à moins de vouloir rester triste et frustré toute sa vie, il faut réenchanter le quotidien... Pour ça, il faut être créatif.
Facile à dire...
J'ai commencé hier soir à réfléchir à cette question, je vous livre mes premières pistes et peut-être que vous aurez d'autres idées à ajouter... La vie peut être une fête, à nous de nous donner les moyens de vivre dans la joie et la nouveauté...
Commençons par les corvées quotidiennes:
la préparation des repas. C'est là, pour moi, qu'il est le plus facile d'être créatif: essayer de nouvelles recettes, en inventer, mélanger des ingrédients qu'on n'a pas l'habitude de mélanger... Quelques idées: rajouter des fleurs comestibles pour décorer un plat, penser aux épices, aux assaisonnements rapides qui transforment un plat à peu de frais et sans perte de temps (mettre du citron à la place du vinaigre, du vinaigre à la place du beurre, du miel et des raisins dans un plat de légume, de la noix de coco... des amandes, des herbes aromatiques...) Les possibilités sont infinies et les ratages sont très rares ( mais souvent drôles!). Les nouilles changent de goût avec un filet de citron, avec un peu de pesto, avec des épinards, avec du shoyou, des champignons, etc... On peut aussi changer de mode de cuisson. Si on ne mange qu'à la vapeur, tester la poêle: les légumes, sautés ou bouillis, n'ont pas le même goût. Il est possible aussi de manger crus un très grand nombre d'aliments... dépaysement garanti pour les blettes, le poisson (à moins que vous ne soyez déjà adeptes de la cuisine japonaise) les aubergines, etc... On peut aussi faire germer des graines: lentilles, soja, pois chiche... On peut, bien sûr, acheter des aliments qu'on ne connaît pas... Parmi les cucurbitacées par exemple, le choix est vaste et les saveurs variées. En plus, ce sont des légumes très simples et rapides à préparer, dont les enfants rafolent souvent puisqu'ils ont un goût assez doux et sucré... bref, on peut ne pas s'ennuyer en préparant à manger et en mangeant !
la vaisselle. Là, je n'ai rien trouvé de mieux, jusqu'à présent, que d'en faire un moment de méditation. Il faut vous préciser que j'ai horreur de la vaisselle. Et comme il faut quand même la faire deux fois par jours... Donc j'en profite pour essayer de me concentrer sur chaque geste que je fais. Prendre conscience de ma posture, de ma respiration, de mes pensées... Bon, ça peut ne pas convenir à d'autres... Toutes les bonnes idées seront les bienvenues...
les courses. Changer de magasin... découvrir les marchés locaux... essayer de vivre avec les fonds de placard pendant deux jours de plus... Essayer de faire les courses le plus rapidement possible en n'achetant que ce qui est sur la liste. Essayer de prévoir de plus grosses quantités pour y retourner moins souvent. J'ai beau me creuser la tête, je ne vois pas tellement comment on peut être créatif en faisant les courses. Ou alors, on peut essayer d'inventer les vies des caissiers-(ères), on peut chercher une remarque sympathique à leur faire. On peut se déplacer dans le magasin comme sur une scène de théâtre, imaginer que ce jour-là on est un roi puissant, ou bien un émigré russe, ou bien un enfant de trois ans qui découvre tout, et tenter de voir ce lieu par d'autres yeux...
le ménage. Je ne suis pas très créative en matière de ménage. Ce qui m'a le plus aidé, c'est une formule de Flylady (ah! Ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé d'elle!) qui, pour dire «clean your house»(«nettoyez votre maison») ou quelque chose du genre dit «bless your home » ce qu'on pourrait traduire par «bénissez votre foyer». Autrement dit, telle que j'ai compris la chose, ça veut dire qu'on doit simplement changer de point de vue. Transformer la corvée obligatoire en don qu'on fait à sa famille, à soi-même pour le bien-être de tous. Le changement de perspective est intéressant... Comment peut-on, au delà de ça, être créatif en faisant le ménage... ? Je n'ai trouvé d'idées que pour la serpillière... Je la passe sans balai, je mets les deux pieds dessus et je danse avec tout autour de ma pièce. C'est assez sportif, et plutôt drôle. En général, mon fils me réclame une serpillière pour danser avec moi... Qui a des suggestions pour le balai, l'aspirateur, les carreaux, la lessive ?
Puis en vrac:
les habits. Rien ne nous oblige à aller au travail habillé en clown, mais rien ne nous oblige non plus à rester chez nous dans nos vêtements sérieux ! Tentez les superpositions, les couleurs qui flashent, les accessoires que vous n'utilisez jamais. Sortez de votre style... Osez être un ou une autre, même pour quelques minutes...
les enfants. Inventer des histoires est bien plus facile qu'il n'y paraît et nos enfants sont indulgents... (ou nous aident quand nous ramons trop)... c'est un excellent exercice d'imagination! Fabriquer des jouets plutôt que d'en acheter permet aussi de se découvrir des talents insoupçonnés... On peut faire une catapulte avec quelques bouts de bois, un arc avec une branche et une ficelle, une voiture avec à peu près n'importe quoi... On peut chahuter, se promener, cuisiner, rêver, dessiner, ne rien faire... Là, votre créativité peut s'en donner à coeur joie, et si au début c'est difficile, ça vient vite et les enfants sont de très bon professeurs: ils adorent changer les règles des jeux, en inventer, sont toujours partant pour construire une cabane sous la table avec une couverture ou tout autre lubie qui vous passera par la tête.
Les transports: changez-en ! Il n'y a pas que la voiture dans la vie... Rollers, trottinette, vélo, train, métro, bus, marche à pieds... Changez de trajet pour aller travailler, à l'école, ou que sais-je... Regardez la route, regardez les gens, les arbres, cherchez la beauté même dans les endroits où on ne s'attend pas à la voir. (les fleurs qui poussent dans les zones industrielles, les oiseaux qui chantent sur les usines, le ciel qui est presque partout visible et changeant...)
Voilà pour aujourd'hui... Je vais continuer à creuser ce sujet qui m'intéresse bien. J'ai tout à fait conscience de la difficulté de la chose: vous n'êtes pas sans avoir remarqué ma quasi absence depuis la rentrée - je manque de temps, mais surtout, je manque d'idées... Là, c'est les vacances, les idées reviennent un peu... Je vais donc tenter de rester dans cette veine créative, de ne pas garder toutes mes idées pour mes élèves !!! Et je me dis que d'essayer de rester créatif dans tous les aspects de ma vie va aussi m'aider à ne pas me laisser envahier par mon travail...
mercredi 5 septembre 2007
Et maintenant quoi ?
En ces temps légèrement troublés (vous voulez un dessin ? plusieurs
dessins ?) on en vient souvent à baisser les bras : il y aurait
tellement à faire, tellement de combats, petits ou grands, à mener
qu'on ne sait plus bien par quoi commencer, dans quoi s'impliquer
réellement, ce qui servirait à quelque chose...
En ce moment, je me
bats au côté des parents d'élèves de mon école pour l'ouverture d'une
7e classe qui permettrait entre autre l'accueil des petits de deux ans,
je tente de faire signer une pétition pour les abeilles (je n'avance
pas fort de ce côté-là) j'essaie de rester engagée dans la lutte contre
la base élèves... etc. Mais honnêtement, il arrive que mon énergie se
dilue bien au delà de l'efficace, que je fatigue et me décourage... et
surtout, tous les jours, je trouve que ça ne suffit pas qu'il faudrait
faire bien plus, être sur tous les fronts à la fois...
Bien sûr, c'est impossible.
Dans ces moments-là, je me rappelle que je ne suis pas la seule à
lutter. Que les médias dominants sont devenus champions de la
désinformation (il serait peut-être plus juste de parler de
non-information) qu'ils relayent toujours les mauvaises nouvelles et
jamais les bonnes. Que si on voit le monde par leurs yeux c'est une
effrayante catastrophe, les gens sont méchants, le monde est dangereux,
la vie mortelle... Alors que si l'on regarde autour de soi, il y a
aussi plein de trucs chouettes, des milliers de gens formidables, des
relations harmonieuses et sereines, de couple, de voisinage, etc et que
si la vie reste mortelle, c'est pour nous aider à en profiter à chaque
instant.
Et surtout que quoi qu'il arrive, autant en profiter car
s'assombrir, déprimer, désespérer ne feront jamais avancer les choses.
Certains pensent que toutes nos pensées font comme un nuage au dessus
de nos têtes et que nous percevons toutes ces pensées ambiantes
inconsciemment et en sommes influencés.
Il est donc très important de rester positifs, de rester dans l'idée de ne pas se laisser abattre et d'y croire jusqu'au bout.
Allez,
aujourd'hui, souriez... et soyez fiers de faire ce que vous faites,
mais si vous faites trop peu à vos yeux... Il faut commencer quelque
part, puis continuer, chacun à sa mesure.
Bon courage
(Désolée, c'est un peu en vrac, je n'ai pas trop le temps d'améliorer cet article, c'est la rentrée et j'ai repris le travail!!!)
