Bio-Blog, chroniques de deux consommatrices repenties

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jeudi 20 mars 2008

Messages subliminaux à la maternité

Aujourd’hui, c'est l'anniversaire de mon fils. Il a cinq ans. A cette même heure, il y a cinq ans, il était tranquillement en train de dormir dans son berceau en plastique, dans la chambre de la maternité où j'avais accouché, et je n'osais pas le prendre dans mes bras. J'avais peur de le déranger, peur de le réveiller. Pourtant, je crevais d'envie de le tenir contre moi, de serrer dans mes bras ce petit être merveilleux que j'avais porté neuf mois et dont je découvrais le visage d'ange, les petites mains si douces et si potelées aux poings tout fermés... Je n'osais pas. Je n'ai pas osé pendant plusieurs heures, ou plusieurs jours, je ne sais plus. Bien sûr, je le prenais quand il pleurait, je l'allaitais, mais quand il se rendormait je le remettais vite dans son petit lit... Il m'a fallu longtemps avant d'oser, vraiment. Et j'ai mis plus longtemps encore avant de comprendre ce qui m'avait retenue, empêchée...

Quand il est né, et bien que je sois contre, on me l'a pris pour l'aspirer (il ne respirait pourtant pas si mal) pour l'habiller (je voulais le garder contre moi, on m'a affirmé qu'il aurait froid et je n'ai rien pu faire) et on me l'a rendu endormi, dans son berceau. Je pense que si on me l'avait mis, endormi, dans les bras, plutôt que dans le berceau, je n'aurais pas réagi de la même façon. Là, le message implicite qu'on me transmettait avec beaucoup de force et un impact très grand sur la jeune mère inexpérimentée que j'étais était le suivant : les enfants dorment dans leur lit. Point. Et moi qui suis une femme obéissante, j'ai intégré sans même m'en rendre compte cet ordre des choses... alors même qu'une partie de moi-même se révoltait en silence, étouffée par le « c'est comme ça et puis c'est tout ». Les enfants dorment dans leur lit, pas dans les bras de leur mère. Et surtout pas contre leur mère la nuit, les lits à la maternité sont tellement petits que les risques de chute sont assez importants ! Je me souviens qu'une nuit, il s'est endormi en tétant contre moi... Je me suis demandée si je n'allais pas me faire engueuler par une puéricultrice... Je n'avais pas du tout réfléchi à tout ça avant l'accouchement. J'avais beaucoup pensé à l'accouchement que je souhaitais, j'avais fait un projet de naissance, mais pour la suite, à part l'allaitement qui me semblait incontournable, je n'avais pas d'idées préconçues quant à ce que j'aurais envie de faire, ce qui serait bon pour le bébé... Du coup, sans que je m'en rende compte, je me suis plus ou moins soumise à ce que je croyais être les diktats de notre société et quand j'ai osé commencé à désobéir, cela a été dans la crainte de représailles, de remarques plus ou moins bienveillantes et désagréables... alors qu'après tout, le plus important n'est-il pas que la mère fasse se qu'elle sent bien pour elle-même et pour son  bébé ? Et le rôle de l'équipe médicale autour ne pourrait-il pas être de l'aider à trouver les solutions à l'intérieur d'elle-même et de l'encourager, de la soutenir pour qu'elle puisse être au plus près de ses sensations, émotion, le plus possible à l'écoute de son intuition ? D'autant que c'est un moment où l'intuition crie tellement elle est puissante (enfin, dans mon cas en tout cas) et que lutter contre à un moment aussi important avec des enjeux qui ont des effets aussi longs dans la relation entre un bébé et sa mère est tout simplement épuisant.

La deuxième chose induite par le passage à la maternité et la façon dont se passent les choses assez souvent c'est « vous ne pouvez pas vous débrouiller toute seule, laissez-moi faire ». Je n'ai changé la couche de mon petit garçon que le jour de mon départ de la maternité. Pourtant, j'aurais tout à fait pu être en capacité de le faire avant. On aurait pu me montrer, m'expliquer... Mais il fallait que je me repose... soi-disant. Tout cela fait douter la mère de ses capacités à se débrouiller toute seule. Néanmoins, on la met à la porte au bout de trois ou quatre jours, les lits coûtent cher et il y a la queue ! Il n'est pas si loin le temps (cela existe peut-être encore) où les bébés étaient mis à la nurserie la nuit (dans le vide, on ne vous entendra pas crier) et où les bébés étaient lavés par les sage-femmes...

Après un accouchement, la plupart des femmes ont une sensibilité à fleur de peau. Quelques paroles à la légère peuvent avoir un effet dévastateur. Or comment les personnels pourraient-ils être à l'écoute des mères avec les conditions de travail qui sont les leurs ? Eux aussi sont soumis au Dieu des Chiffres... Les bébés ne sont plus regardés, ils sont pesés, mesurés, étiquetés. Je me souviens comme si c'était hier du moment où on est venu m'agresser en me disant « il n'a pas pris assez de poids, on va lui donner un biberon de complément. » j'ai refusé, je me suis fait engueuler et de toute façon je n'allais pas avoir le choix, on allait m'envoyer le médecin... Jusqu'à ce que la femme se rende compte qu'elle n'avait pas le bon dossier dans les mains. Si elle avait seulement jeté un oeil à mon fils elle aurait vu qu'il n'avait besoin de rien ! De plus, j'ai appris par la suite que donner un biberon de complément est la meilleure façon pour faire rater un allaitement. C'est tout bénèf pour Nestlé et compagnie, tout ça ! Et tellement mieux pour le bébé ! Et même s'il avait vraiment fallu l'alimenter autrement (dans la plupart des cas, augmenter le nombre et la durée des tétées suffit, mais ça, elle ne me l'a pas proposé !), peut-être aurait-elle pu me l'expliquer calmement au lieu d'essayer de me faire peur en annonçant la venue du père fouettard sous les traits du médecin qui allait me faire marcher droit ! Et puis, a-t-elle pensé à l'effet que ça peut avoir sur une mère de s'entendre dire qu'elle ne nourrit pas bien son enfant ? Qu'elle est en train de le laisser mourir de faim ? (car c'est bien ça, non ?)   Bon, d'accord, je suis en train de parler d'un cas particulier. N'empêche, en 4 jours de maternité, j'ai rencontré plusieurs cas particuliers qui traduisaient tout de même une certaine philosophie générale...

Alors, entendons-nous bien, je ne suis pas en train, là, de critiquer gratuitement les sages-femmes ou les puéricultrices... pour ce que j'en ai vu, elles font leur boulot du mieux possible dans les conditions difficiles qui sont les leurs. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y ait pas de réflexion (cela a peut-être aussi changé en 5 ans... pour la deuxième, j'ai accouché à la maison, j'avais été trop traumatisé par mon passage à la maternité) sur le pourquoi et le comment des pratiques... Comment accompagner une mère ? Ça se réfléchit un peu, sinon, on peut tomber dans l'assistanat ou pire... Sinon, on peut, sans s'en rendre compte, véhiculer des messages subliminaux très iatrogènes... et bousiller durablement la confiance d'une mère dans ses capacités à s'occuper de son enfant.

Voilà, je suis désolée, je me suis un peu énervée toute seule devant mon ordinateur, je ne pensais pas être encore aussi en colère 5 ans après... et pourtant, je n'ai pas tout raconté ! Bonne journée à vous quand même...

Posté par Aspen à 10:26 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]


vendredi 19 octobre 2007

Violence éducative ordinaire

Après cette longue absence, reprise du travail oblige (je ne vois pas le jour, je n'ai même pas le temps de venir LIRE le blog, heureusement que Cherry Plum est là pour nous donner de quoi réfléchir... )  j'avais envie de vous faire part de quelques unes des informations entendues le week-end dernier lors d'une conférence d'Olivier Maurel. Vous avez peut-être entendu parler de lui, il a écrit de nombreux livres sur la violence et  la non-violence dont « la fessée, questions sur la violence éducative ordinaire ». Il me semble bien avoir déjà parlé de lui... (Oui, et ici, même!)
Bref, j'ai eu la chance d'assister à une de ses conférences où il a rappelé quelques faits un peu affligeants. Je ne prétends pas ici résumer une conférence qui a duré deux heures, mais simplement vous rapporter les éléments qui m'ont le plus intéressés. Je vous renvoie en tout cas à la lecture de son livre ou à défaut de son site.

Dans le monde, 90% des enfants sont frappés, plus ou moins régulièrement. En France, ce sont en général, gifles, fessées, martinet, parfois ceintures... qui servent à corriger les enfants. Dans d'autres pays, la bastonnade est courante et normale. Nous ne parlons pas là de la maltraitance qui est d'un autre ordre, mais bien du mode d'éducation normal des enfants...

Il a aussi insisté sur le fait que la différence entre les coups ou par exemple la violence psychologique (humiliation, insultes, etc) est le fait que personne ne vous encourage à humilier vos enfants, alors que les fessées, gifles, elles, sont recommandées... (une bonne gifle..) ou en tout cas, leur côté néfaste est absolument nié (une bonne fessée n'a jamais fait de mal à personne!). Et d'après lui, c'est pour une raison simple (excusez-moi si je me répète) c'est que la plupart d'entre nous avons aussi reçu des coups. Et chacun sait à quel point il est difficile de remettre en cause l'éducation que nous avons reçue de nos parents. Ils ont agi pour notre bien, de la même façon que nous agissons pour le bien de nos enfants.

Il a souligné aussi que recevoir un coup d'un voisin ou de la personne qui est censée nous défendre, prendre soin de nous, nous protéger, n'a pas du tout le même impact. Si cela vient de nos parents, ils ont forcément raison de le faire. L'enfant intègre ainsi le fait qu'il est mauvais. (entre autres, il a listé toutes les conséquences, je ne me souviens pas de tout...)

Et il en est venu à cette remarque qui m'a semblé tellement lumineuse que c'est ce qui m'a poussé à écrire cet article: les civilisations qui utilisent les coups comme mode d'éducation ont dans l'idée que les enfants sont « mauvais » (inconsciemment bien sûr, mais s'ils n'étaient pas mauvais, les frapperait-on?) et donc que l'homme est mauvais. Les rares autres civilisations qui ne frappent pas leurs enfants pensent que l'homme est fondamentalement bon. Réfléchissez-y, je trouve que ça explique bien des choses dans notre façon de voir le monde !

Il a aussi fait le parallèle entre les femmes battues et les enfants battus. Il ne viendrait à personne l'idée de dire à un homme (aujourd'hui et en occident en tout cas) qu'il a le droit de donner une gifle à sa femme de temps en temps, mais pas plus parce qu'après cela devient de la maltraitance. De la même façon, on n'a pas peur de culpabiliser les maris violents alors qu'on n'ose pas interdire la violence de peur de culpabiliser les parents. Certes, il y a de plus en plus de parents qui lèvent la main sur leurs enfants presque malgré eux, et ceux-là ont besoin d'écoute, de compréhension et d'aide pour ne plus être soumis à leurs pulsions négatives. Mais il y a aussi tous ceux qui n'ont pas pu se poser la questions pour les raisons citées plus haut (ils en ont bien reçus eux, et ça ne les a pas tués, au contraire, cela a été utile, grâce à ça ils sont devenus respectueux, sages, etc... je l'ai entendu pas plus tard qu'hier en discutant de la conférence avec quelqu'un au marché!) et eux ont besoin qu'on leur dise que c'est interdit. Pas pour les culpabiliser, bien sûr, la culpabilité n'a jamais servi à faire avancer les choses, mais pour qu'ils puissent prendre conscience des conséquences néfastes que cela a sur leurs enfants. Rappelons que les enfants sont frappés pour leur bien et non pas dans le but de leur nuire. L'immense majorité des parents aiment leurs enfants et ne souhaitent que leur bonheur ! Et s'il faut les frapper pour qu'ils réussissent dans la vie... frappons-les.

Enfin il a donné quelques conseils pour éviter de frapper ses enfants, dont l'évident : « reposez-vous », mais les évidences sont toujours bonnes à rappeler. Et là où ça m'a titillé c'est quand il a dit que les parents qui ne se faisaient pas respecter par leurs enfants étaient en général des parents qui ne se respectaient pas eux-même en tant que parents...

Voilà, ce n'est qu'un bref apperçu... Ceux qui veulent creuser plus loin la question peuvent lire aussi Alice Miller et entre autre "C'est pour ton bien"...

 

 

Posté par Aspen à 15:08 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 28 mai 2007

Le maternage proximal n'est pas une assurance tous risques!

Depuis quelques temps, le voile se lève de plus en plus sur ce qu'on appelle le maternage proximal, c'est à dire l'art d'éduquer son enfant en étant à l'écoute de ses besoins physiologiques et psychiques les plus primaires. Dormir avec lui, l'allaiter jusqu'à ce qu'il ait largement passé le stade de la marche, le porter en écharpe, pratiquer l'hygiène naturelle (sans couches), ne pas donner de fessées ou tapes, l'accompagner dans ses pleurs, communiquer de façon non violente sont des exemples parmi d'autres des "principes" du maternage proximal.

Je découvre tout cela depuis 7 ans et j'avance toujours un peu plus sur ce chemin. Si nous réussissons un jour à faire ce troisième qui tarde tant, je pense que j'irai encore plus loin dans l'écoute de mes instincts naturels que je ne l'ai fait pour les deux premiers.

Mais il y a pourtant un discours ambiant qui m'énerve un peu et qui risque parfois de fausser les raisons pour lesquelles une jeune maman peut vouloir ou non adopter le maternage proximal. Ce discours consiste à dire que toutes les choses citées plus haut sont les meilleures qui soient pour l'enfant. Comme le signalait très justement Pascale dans son article, il est complètement stupide d'expliquer à la Nature qu'elle est meilleure que les trucs artificiels puisqu'a priori, tout a été conçu pour fonctionner à l'état naturel.

J'entends par là qu'il est grotesque de vouloir PROUVER que l'allaitement est meilleur que le lait maternisé puisqu'on n'a jamais vu un animal donner le biberon à son petit. Grotesque de vouloir prouver que le portage est meilleur que les outils multi-fonctions de la puériculture puisque l'on n'a jamais vu un koala ou un singe pousser un landau. Nous faisons partie de la Nature (je sais, je le répète toujours!) et par là même, elle nous a fourni tout ce qui était nécessaire pour nous occuper de notre petit : des mamelles, un corps chaud, des bras et des jambes musclés (si, si!), tout pour nourrir, porter et réchauffer notre petit.

Après vient bien sûr la CULTURE et il est clair que nous n'avons pas la même qu'une tribu d'Amazonie. De fait, parce que nous obéissons aux codes culturels, nous pouvons faire le CHOIX d'un autre mode d'éducation. Ce n'est ni bien ni mal et il n'y a aucun jugement dans mon propos, c'est juste le respect de notre fonctionnement culturel. N'empêche, mêmes celles qui "biberonnent", "poussettent" et font dormir leur bébé dans une chambre séparée, ne pourront pas le nier : ce n'est pas NATUREL.

Alors, messieurs les scientifiques, pédagogues, pédiatres, psychologues et autres sociologues, pas la peine de vous escrimer à faire des tests par centaines pour nous prouver que le maternage proximal est le meilleur, on le sait. La Nature l'a voulu ainsi. Maintenant, libre à chaque femme, à chaque famille, de faire le choix qui lui convient.

Pourquoi insister sur ce choix et ne pas défendre moi aussi, l'allaitement longue durée, le cododo et le portage, alors qu'Aspen et moi en parlons, le faisons?

Parce que je me rends compte que certaines mamans, culpabilisées par les discours ambiants ou influencées par les résultats des tests scientifiques, font un choix qui n'est pas celui de leur coeur, avec des conséquences parfois dramatiques pour les bébés et les mamans. Je me rappelle cette nièce qui allaitait sa fille parce que "les médecins disent que c'est bon pour elle". Seulement elle vivait très mal cet allaitement, elle se sentait salie, humiliée par ce geste, impudique à son goût. Elle continuait à allaiter à contre-coeur, ne regardant pas son bébé au sein mais étant convaincue que son "sacrifice" aiderait son enfant!

De trop nombreux exemples autour de moi montrent que des mamans investissent dans le maternage proximal comme on place son argent en banque, pour qu'il "rapporte". Ainsi, des mamans portent leurs enfants en écharpe parce qu'on leur a assuré que les petis ainsi portés pleuraient moins ou deviendraient indépendants, étant rassurés affectivement. Des mamans allaitent parce qu'on leur a garanti que les enfants allaités étaient moins malades ou avaient de meilleurs résultats scolaires. Des mamans cododotent parce qu'on leur a promis que leur enfant n'aurait peur de rien car aurait été rassuré depuis sa naissance et j'en passe....

Je sais bien que ce type de maternage a tellement subi de critiques que ses défenseurs ont voulu rassurer, informer, et promouvoir ce mode éducatif. Mais à force de tests qui "prouvaient" la bonne santé, l'intelligence, la mâturité, l'équilibre psychique des enfants maternés, on a transformé le maternage proximal en produit marketing. Combien de mamans portent aujourd'hui leur nourrisson en écharpe parce que c'est fun (alors même qu'elle le laisse hurler à 1 mois "pour qu'il se fasse les poumons") ?  Combien allaitent parce que cela donne une image de "bonne mère" ou parce que "c'est bon pour le bébé" tout en espaçant les tétées des maudites 4 heures réglementaires!

Les discours et les tests ont brouillé les choix. Aujourd'hui, une maman qui veut donner le biberon ou qui pousse son petit en landau à 3 jours est presque mal vue. C'est dommage. Je crois que la seule raison qui nous peut nous pousser à materner, c'est l'ENVIE et non des espérances quant aux futurs "résultats" de cette expérience.

J'ai allaité mes deux enfants assez longtemps, ils ont tous deux développé chacun des maladies chroniques (otites pour l'une, bronchiolites pour l'autre) dès l'âge de 2 mois.

J'ai utilisé la poussette pour ma fille qui est devenue une grande marcheuse et une petite fille indépendante. J'ai porté mon fils jusqu'à 3,5 ans en écharpe (il m'arrive ponctuellement de le porter encore), il déteste marcher et a été "sauvage" pendant très longtemps.

J'ai installé ma fille dans sa chambre dès le retour de la maternité (sans pour autant jamais la laisser pleurer), c'est une petite qui n'a AUCUN problème de sommeil et qui n'en a jamais eu (ni problèmes d'endormissement, ni peur d'aller au lit, ni réveils nocturnes) J'ai cododoté partiellement avec mon fils. A 4 ans, il se lève toujours 5 à 6 fois avant de s'endormir et il n'est pas rare qu'il finisse sa nuit dans notre lit.

Loin de moi l'idée de dénigrer le maternage proximal, au contraire, j'y crois beaucoup et je suis heureuse de l'avoir pratiqué avec mon fils et partiellement avec ma fille, je ne regrette rien et si c'était à refaire (j'espère que ce sera le cas bientôt), j'en ferais 10 fois plus ! Mais je veux juste insister sur le fait qu'on ne peut pas materner pour de mauvaises raisons. Et espérer ainsi rendre son enfant plus fort physiquement et psychiquement, est peut-être une mauvaise raison. Car l'on risque d'être fort déçue de son "investissement" si, comme pour mon fils, cela ne "donne pas les résultats escomptés".

Je n'ai pas materné mon fils pour qu'il soit moins malade ou qu'il devienne plus indépendant. Je l'ai fait parce que j'en avais ENVIE.

Alors, lorsqu'on nous demande pourquoi on allaite notre enfant à 2,5 ans ou pourquoi on le porte en écharpe à 3 ans ou pourquoi il dort avec nous, ou pourquoi il n'a pas de couches, ne répondons pas par des chiffres et des résultats à des tests scientifiques, ne répondons pas par des phrases toutes faites tirées des magazines ou des livres pro-maternage.

Répondons par nos vraies raisons (c'est pratique, ça me plaît, ça me fatigue moins, c'est moins cher...) qui ne sont peut-être pas aussi glorieuses ni aussi épatantes, mais ces raisons-là sont les seules valables car ce sont les raisons du COEUR.

Posté par cherry plum à 22:34 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 25 mai 2007

N'ayez pas peur, la société pense à tout

Un livre sur les pédagogies différentes (Montessori, Steiner, Freinet et compagnie)

Un chapitre sur la descolarisation.

Et l'avis de deux journalistes "impartiales" :

"Des parents excessivement protecteurs, qui craignent peut-être la confrontation de leur enfant avec le monde extérieur, peuvent être tentés par la déscolarisation. (...) Il est sûrement très gratifiant pour les parents d'étendre ainsi leur rôle et d'accaparer toutes les fonctions possibles de l'adulte près de l'enfant. Le danger est grand de voir des parents choisir une option qui tient surtout compte de leur propre désir et de sa satisfaction, au risque d'exposer leurs enfants à la solitude et à de grandes difficultés à venir. Pour un surdoué qui passe le bac à 14 ans, combien d'échecs ou de revers? "

Ce n'est pas tant la critique de la descolarisation qui m'a interpelée (puisque ces dames ne semblent pas bien avoir étudié les réelles raisons qui poussent les parents à descolariser) que cette phrase : " Il est sûrement très gratifiant (...) d'accaparer toutes les fonctions de l'adulte près de l'enfant."

Je me suis simplement demandé pourquoi il était choquant qu'un parent veuille occuper toutes les fonctions auprès de son enfant. Je me suis d'abord interrogée sur cette notion de fonctions et je me suis demandé si nos deux journalistes ne la confondait pas avec la "toute-puissance" qu'exercent certaines mères sur leur enfant, toute-puissance que je pense effectivement nocive.

Entendons par "toute-puissance" la volonté que peut avoir un parent de représenter la seule et unique vérité, la seule et unique image du monde, le seul et unique miroir de l'enfant. Parce que l'adulte fait croire à son enfant qu'il a sur lui pouvoir de vie ou de mort, que c'est lui seul qui écrit et dicte les règles, parce que l'adulte tout-puissant se pose comme ultime juge des actes de l'enfant, parce que l'enfant grandit en ne construisant son estime de lui et sa confiance en lui que sur les fondements jetés par l'adulte, ce dernier le manipule et lui interdit de devenir un être pensant et un être différent de lui. Oui, ça, c'est de la toute-puissance et je ne crois sincèrement pas que ce soit la motivation première des parents qui descolarisent. Je crois même pouvoir dire, sans me tromper, que bon nombre d'enfants scolarisés vivent pour autant avec des adultes exerçant sur eux leur toute-puissance. Rien à voir, donc, avec la descolarisation ou pas. La toute-puissance relève plutôt, à mon sens, de la psychiatrie.

Si on prend alors le mot "fonctions" dans son sens premier, c'est à dire "rôles", je pense pouvoir dire que les parents (et les mamans plus encore) les exercent déjà, que l'enfant soit scolarisé ou pas! Ne sommes-nous pas en effet les premières institutrices lorsque nous leur apprenons à parler ou à empiler des cubes?

Ne sommes-nous pas les premières infirmières lorsque nous soignons des bobos plus ou moins importants (selon nos compétences et nos médecines, naturelles ou pas)?

Ne sommes-nous pas leur premier lien avec le monde lorsque nous les présentons, que nous les nommons auprès des autres?

Ne sommes-nous pas également celles qui leur apprennent à faire du vélo, à nager, à faire un gâteau, à nouer leurs lacets, à s'habiller, à gérer leur argent de poche, à aimer la musique, à tenir un appareil photo et que sais-je encore?

Il est clair que depuis leur naissance, nous endossons alternativement plusieurs fonctions et que cela ne semble choquer personne sauf quand...

Sauf quand on en fait trop. Sauf quand, lorsqu'on leur apprend à dessiner, on en profite pour leur apprendre à écrire (parce que ça, c'est le boulot de l'enseignant), sauf quand, lorsqu'on leur apprend à faire du vélo, on leur apprend aussi à le réparer (parce que ça, c'est le boulot du réparateur), sauf quand, lorsqu'on leur apprend à faire un gâteau, on leur apprend aussi à faire la confiture ou les glaces (parce que ça, c'est le boulot du supermarché), sauf quand, lorsqu'on leur apprend à aimer la musique, on leur apprend aussi à jouer quelques notes (parce que ça, c'est le boulot du club de loisirs)

Bref, nos fonctions de parents s'arrêtent là où commence la société de consommation!

Car après tout, qu'aurait à craindre une société dans laquelle des parents exerceraient intelligemment et volontairement plusieurs fonctions auprès de leurs enfants? De quoi ces journalistes, cette société, peuvent-ils bien avoir peur devant des parents qui s'investissent dans l'éducation proximale de leurs enfants? De la castration psychique de ces enfants? Non, puisque nous avons fait plus haut la différence entre "toute-puissance" et "fonctions parentales".

Nous ne sommes, à la base, que des animaux. Et je ne me vois pas demander à cette mère chatte si elle pense outrepasser ses droits de parent en s'accaparant toutes les fonctions auprès de ses chatons... A l'autre bout de la Terre, il semblerait également bien étrange de demander à une maman yéménite si elle castre psychiquement son enfant en lui servant de poussette, doudou, biberon, institutrice, animatrice, infirmière...

L'Occident se vante d'être riche et civilisé. On pourrait le symboliser par la consommation et la psychologie. Deux valeurs qui, certes, ont bien des avantages, qui, certes, ont bien contribué à l'évolution de notre société et la mise en place de notre culture. Mais elles ont surtout totalement échappé à notre contrôle et nous les subissons aujourd'hui davantage que nous n'en profitons. Tout est aujourd'hui soumis au pouvoir de la consommation et au crible de la psychologie. Plus aucun de nos comportements n'est naturel. Même enfanter, même élever nos enfants. Tout est source d'angoisses, de questionnements et d'interprétations. Ces angoisses tentent de trouver leurs réponses dans la consommation. Et cette consommation provoque souvent de nouvelles angoisses, liées aux insatisfactions. Et c'est comme cela que notre monde occidental tourne.

Alors imaginez 5 minutes que les êtres humains veuillent reprendre le contrôle de leurs sens et de leurs comportements naturels. Imaginez qu'un parent veuille éduquer son enfant, au sens où l'entendent les 3/4 de la planète, c'est à dire de A à Z (Z étant le moment où il est armé pour affronter son destin)

Que deviendrait alors notre société de consommation? Que deviendrait une institution comme l'école si les parents s'organisaient en petits groupes pour éduquer leurs enfants? Que deviendraient le corps médical et ces grands laboratoires pharmaceutiques si l'on apprenait à écouter et à respecter notre corps en utilisant la Nature pour le soigner? Que deviendraient les centres de loisirs et les clubs de sport si les parents se mettaient à jouer au ballon et à courir avec leurs enfants?

Pourquoi faire naître son enfant naturellement lorsqu'il existe des hôpitaux et des anesthésistes à faire vivre?

Pourquoi allaiter son enfant, le porter sur son dos et le faire dormir dans son lit quand il existe des commerçants de la puériculture qui ont faim?

Pourquoi élever son enfant quand il existe des crèches qui réclament des budgets?

Pourquoi vouloir croire que le parent est SUFFISANT pour les larges premières années de la vie de son enfant alors que toute une société s'emploie à nous faire comprendre que l'on est SUPERFLU et ACCESSOIRE ?

Elever son enfant et refuser les choix imposés par la société ne relève pas de la castration de l'enfant mais simplement de la peur de nous voir sortir du rang et remettre en cause un système qui se nourrit lui-même : celui de la consommation.

Les êtres pensants sont dangereux. Imaginez qu'un jour ces gens-là puissent construire leurs maisons, fabriquer leurs vêtements, cultiver leurs légumes et instruire leurs enfants. Toute une société qui s'écroulerait parce que ces hommes et ces femmes se veulent libres et propriétaires de leurs pensées, de leurs envies, de leurs besoins, de leurs désirs, de leurs pulsions, de leurs comportements?

Non... Trop dangereux. Prenons plutôt le contrôle de leur nature profonde, codifions leurs envies, conditionnons leurs comportements, créons ou détruisons leurs besoins. Et surtout, éradiquons les sentiments. "Nombre de pédagogues mettent en garde contre les conséquences néfastes de la subordination de la relation éducative à la relation affective"

Garde à vous! Soldats, à mon commandement, MARCHEZ !

Posté par cherry plum à 22:50 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 14 mai 2007

Arrêtons de tromper nos enfants

Lorsque l'on évoque l'écologie, on pense au tri des déchets, à l'agriculture biologique, aux économies d'énergie, au vélo et au commerce équitable.

On la voit moins dans certaines de nos décisions. Et pourtant...

Beaucoup de choses se bousculent dans ma tête actuellement et je vois l'écologie partout, surtout là où, hier, je n'aurais pas soupçonné son existence. Dans la descolarisation par exemple. En quoi instruire en famille peut-il relever d'un comportement écolo?

Parce qu'en reprenant les rênes de leur éducation, je montre à mes enfants que je suis un élément de la Nature, un animal, chargé de les faire grandir et de les aider à devenir des adultes capables de se débrouiller dans notre monde.(vous noterez que je dis « se débrouiller » et pas « des adultes épanouis et heureux », ça, j'estime que ce sera leur boulot à eux)

Je leur montre que l'Institution ne décide pas, pour notre famille, de ce qui est bon ou non et que nous faisons partie de la Nature avant de faire partie d'un système. J'espère ainsi les libérer des pressions médiatiques, publicitaires qui sévissent jusque dans les écoles. J'espère aussi les ramener à des instincts de survie (savoir se nourrir, se vêtir, fabriquer ce qui nous manque et utiliser ce que la nature nous offre), chose que les instits (et je le comprends bien) n'ont pas le temps de faire avec 25 gamins par classe. Entre faire pousser une graine de haricots dans du coton et cultiver un mini-potager chaque jour, même dans un jardin de ville, la leçon à tirer n'est pas la même. Dès lors, quand les enfants comprennent comment fonctionnent les saisons, d'où vient le repas sur la table et le pull qu'ils portent, le comportement écolo s'inscrit en eux, comme une seconde peau, pour préserver la Terre qui leur apporte tant de joies et de plaisirs concrets et affectifs.

Je me souviens d'un après-midi où mes enfants jouaient dans le jardin. J'entendis ma fille de 6 ans dire à son frère de 3,5 ans : « On dirait qu'on était pauvres » J'ai pensé qu'il n'y avait vraiment que les gamins de pays riches pour s'offrir le luxe de jouer à être pauvres! Mais, à part cette pensée fugace, j'ai demandé à ma fille pourquoi elle « jouait à être pauvre »

  • parce qu'ils ont de la chance les pauvres!

  • Pourquoi ?

  • Parce qu'ils fabriquent tout ce qu'ils ne peuvent pas acheter. Alors que nous, on va au magasin, c'est moins drôle! Moi je voudrais apprendre à fabriquer des trucs »

Entendez par là que son désir était de vraiment savoir FABRIQUER des objets de la vie de tous les jours, pas un bricolage en rouleaux de PQ pour la fête des mères ou des cadres en mosaïque, comme on le faisait déjà lors de nos après-midi « bricolage pour petites mains » que je lui propose en bonne mère de famille que je suis. Non, son désir à elle, c'est d'apprendre à planter des carottes et à faire du savon, choses que nous expérimentons actuellement. Parce que les bricolages qu'elle entasse sous mes yeux énamourés lui font plaisir mais pas tant que d'apprendre à devenir une « grande ».

Un de mes élèves me faisait le même genre de réflexion ce matin : « Mais Madame, ce que l'on apprend à l'école, je ne m'en sers jamais dans la vie de tous les jours » C'est vrai.

L'école n'apprend pas à nos enfants à devenir des adultes qui sauront se suffire à eux-mêmes, à s'occuper de leur famille. Les voies générales ne leur apprennent même pas un métier. Dans la plupart des pays, les enfants apprennent qui à pêcher, qui à fabriquer des filets, qui à filer la laine ou à mener le troupeau aux pâturages, qui à piler le mil ou à construire une maison, bref, des choses utiles pour leur future vie d'adultes. Nous, nous avons un des systèmes scolaires les plus stricts, qui représente des budgets énormes (toujours trop faibles, je sais, je sais!!), des millions de mètres carrés de surface sur l'ensemble du territoire, des milliers d'individus pour gérer l'éducation de nos enfants, un marché colossal pour les vendeurs de livres, d'informatique, de fournitures scolaires, de mobilier et j'en passe. Pourtant, à aucun moment, cette solide et envahissante institution n'apprend à nos futurs adultes à faire une vidange, à remplir des formulaires administratifs, à cultiver des légumes, à tricoter, à écrire une lettre, à décrypter une petite annonce, à cuisiner...

« Encore heureux! » me direz-vous, « car c'est là le travail des parents! L'école ne doit pas éduquer à la place des parents »

D'ACCORD, mais qu'on lève alors cette grande hypocrisie qui consiste à dire que l'école est ce qui prépare le mieux les enfants à leur vie d'adulte. Que l'on cesse de dire que, sans l'école, ils ne trouveront pas de métier, alors que, justement, on ne leur y apprend rien du métier en question ! (je ne parle pas des voies techniques)

On pourrait croire, suite à mes derniers articles, que j'ai vraiment pris l'école en grippe. C'est faux. Ce matin encore, j'ai fait, avec mes élèves, un cours sur la science-fiction qui leur a manifestement beaucoup plu. Les textes choisis leur montraient comment la science-fiction est une critique de la société et une remise en question de nos choix ou non-choix de vie, nous avons eu un débat très intéressant sur la technologie et ses dangers, sur les prouesses techniques et leurs dérives, sur la volonté d'un monde parfait et le risque de la pensée unique et du conditionnement. Alors, vous voyez, rien à voir avec comment faire pousser un chou ou repasser sa chemise. Pourtant, ils ont apprécié car notre discussion leur a sérieusement secoué les méninges, ce qui est très sain, à 13 ans.

Alors? Elle critique l'école ou pas? On n'y comprend plus rien!

Je ne dis pas que l'école ne sert à rien. Je dis juste qu'il faut en finir avec l'idée stupide que l'école est la réponse à tous leurs besoins. Je voudrais qu'on soit franc et qu'on arrête, nous les profs, nous les outils de l'institution, de nous comporter comme des vendeurs de savonnettes en porte à porte, en faisant croire aux parents que nous avons LE produit miracle pour amener leur progéniture vers la réussite!

Que l'école soit un lieu de culture, d'apprentissages globaux, de construction de la pensée et du raisonnement, d'apprentissage de la vie en groupe, de l'ouverture sur des matières variées, l'occasion de s'intéresser à des choses qui sont étrangères à notre quotidien, le lieu de la réflexion, de l'analyse, une main tendue vers la Culture et une porte ouverte sur l'avenir, soit. D'ACCORD.

Mais ne prenons pas l'école pour le produit 5 en 1 qui lave plus blanc que blanc et reconnaissons notre grande défaillance sur de nombreux points. Acceptons d'avouer que le collège unique est un échec et que ce système n'est pas fait pour tous.

Rêvons d'une école qui permette un accès à la culture et, parallèlement, une meilleure emprise sur le monde moderne. Rêvons de règles communautaires, de méthodologies, de “sanctions” (ou réparations), de vie de classe qui fonctionnent aussi en dehors de l'école et qui soient aussi des réalités dans le monde de l'entreprise. Les règles de fonctionnement que je vois dans la plupart des collèges ou lycées ne sont en fait que des règles qui satisfont les profs, eux-mêmes anciens élèves. En clair, on a l'impression que le seul métier possible où un élève y reconnaitra ce qu'il a appris à l'école, c'est prof!

Rêvons d'une école où les élèves apprendraient des choses qui leur servent, tout en étant sensibilisés à ce qui leur paraît inutile! Rêvons de plus de concret et de matérialité, conjugués avec la réflexion et la pensée abstraite. Rêvons d'une école où chacun irait à son rythme et se serait intégré plutôt que “traîné”

Cette école est possible. A nous de l'inventer.

Posté par cherry plum à 19:16 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 3 mai 2007

Pour une maison de naissance

Bonjour,

L'association "MAISounaitON" vous invite à une conférence-soirée-débat, avec la participation Elisabeth DREVES, sage femme qui accompagne les femmes, les couples en maison de naissance au Québec, le jeudi 10 mai 2007 à 20h30 à la MIR  (maison Internationale de Rennes, 7 quai Chateaubriand, centre ville)  L'entrée est libre et gratuite, les enfants et bébés sont les bienvenus.

Je vous indique le plan de déroulement que nous proposerons pour ce débat :

       1 - Accueil et présentation de la soirée et des personnes invitées

        2 - Définition du concept MAISON DE NAISSANCE

        3 - Quels sont les enjeux de ce concept dans l'organisation actuelle de la périnatalité en France avec le Docteur Michel NAIDITCH et un représentant du CIANE

        4 - sur la plan national où en sommes nous ?

        5 - sur le plan local présentation de l'association et de ses partenaires ainsi que  du projet rennais

         6 - Illustration de ce que peut être une maison de naissance avec un film québécois et le témoignage d'une maman qui a accouché là bas, accompagnée d'une sage femme de cette structure

         Tout cela sur 1 heure maximum afin de laisser la place au débat et questions avec la salle.

Se rencontrer pour mieux créer

MAISoùnaitON est une association, de loi 1901, créée en janvier 2006 par des parents et des sages-femmes pour porter un projet de Maison de Naissance à Rennes.

Un groupe de travail avance depuis plus de 3 ans vers la création de ce lieu respectant la physiologie des grossesses et des accouchements, un mi-chemin entre la maternité et le domicile, avec l'accompagnement
confiant d'une sage-femme référente.

L'intérêt d'une Maison de Naissance prend tout son sens dans un mouvement de citoyens. Le nombre des usagers demandeurs pèsera sur les décisions des instances officielles.
Nous sollicitons donc aujourd'hui toutes les énergies sensibles à la Naissance et à la liberté d'en choisir le lieu. Votre soutien (moral, juridique, financier, logistique,...) est le bienvenu.

maisounaiton@gmail.com

Le blog et le site sont en cours de construction : mea culpa !!!

http://maisounaiton.over-blog.com/
http://maisounaiton.free.fr

Au plaisir de vous retrouver nombreux,

Marie, pour MAISoùnaitON
Mail : maisounaiton@gmail.com
Tél. 06 15 40 40 58 (Christiane David sage-femme)

Posté par Aspen à 09:48 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 9 février 2007

Ce qu'on apprend... et ce qu'on n'apprend pas à l'école.

J'ai trouvé un lien sur le site de Pascale (Faisons avancer les choses, en lien ci-contre) vers un article sur la violance de l'école... que je vous conseille absolument de lire (ici).

Si vous n'avez pas le temps, voici le point qui m'a le plus marquée et sur lequel je voudrais rebondir :

(...) « trois finalités latentes de l'Institution scolaire
Consolider le dressage commencé dans la famille
Assurer la reproduction des élites et la légitimation des inégalités sociales
Ecarter de la connaissance la majeure partie de la population »

(Ces trois points sont développés et argumentés dans l'article)

C'est à cause de ces trois finalités que l'école est en complet décalage avec ce qui serait bon pour les enfants. Et c'est pour atteindre ces trois objectifs qu'à l'école, on risque fort d'apprendre :

  • l'humiliation si on est du mauvais côté de la barrière

  • la peur

  • l'échec

  • à obéir (dans le système scolaire « tout est interdit, sauf ce qui est obligatoire »)

  • à rester assis

  • à se taire

  • à se conformer à ce qu'on attend de nous

  • à rentrer dans un moule

  • que le travail est pénible

  • que si on ne réussit pas, on est stupide

  • que si on réussit c'est qu'on est intelligent et « mieux » que ceux qui n'y arrivent pas

  • que si on est stupide, on ne mérite rien de mieux que ce qu'on a, c'est à dire, rien (ou peu)

Ce qu'on ne risque pas tellement d'apprendre

  • à rêver

  • à penser par soi-même

  • à chercher par soi-même (des infos sur ce qui nous intéresse, des réponses aux questions existentielles...)

  • à communiquer

  • la non-violence

  • à créer par soi-même (on reproduit ce que d'autres ont fait)

  • la liberté (ben oui, ça s'apprend)

  • l'autonomie (sauf la fausse, qui consiste à aller prendre tout seul son travail!)

  • à dire non, à dire oui, à s'affirmer

  • ce qui pourrait être utile dans la vraie vie, à savoir

  • réparer une voiture, ou un robinet

  • cuisiner

  • reconnaître les plantes, les oiseaux, les étoiles

  • cultiver un jardin

  • écouter vraiment l'autre

  • reconnaître ses émotions, les nommer, les accepter

  • être vrai, dire ce qu'on pense (c'est considéré comme de l'insolence)

  • respecter ses rythmes (quand c'est pas l'heure, c'est pas l'heure)

  • ...

Et on s'étonne que tant de gens gardent des souvenirs au mieux mitigés de leur passage obligé sur les bancs de l'Education Nationale ! (Sauf les « élites » qui nagent dedans comme un poisson dans l'eau. Je sais de quoi je parle, j'étais un poisson très à l'aise ! )

Et vous, quels souvenirs avez-vous de l'école ? Des profs géniaux ou terrifiants vous ont-ils marqués ? Comment avez vous ressenti le poids de l'institution ? Etc... Toutes vos réactions m'intéressent...

   

Posté par Aspen à 09:53 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 5 février 2007

Ces insupportables pleurs de bébés

 

La plupart des gens s'accordent pour dire qu'il leur est très difficile de supporter d'entendre pleurer un bébé. Il y a dans un cri de bébé toute la détresse du monde. Il faut à tout prix que cela s'arrête, il faut absolument trouver une façon de faire taire l'enfant pour que ça cesse... le plus vite possible. Certains donc, s'éloignent, ferment des portes, mettent de la distance et des murs entre eux et les pleurs... D'autres, (ou les mêmes, à d'autres moments) essayent de trouver ce qui ne va pas pour consoler ce petit être. D'autres parviennent à faire abstraction des pleurs, ou du moins donnent l'impression de le faire.

J'étais il y a quelques jours dans un supermarché et il y avait, justement, un bébé dans un caddie et une femme, que j'ai supposé être sa mère, à la caisse. Le marmot hurlait. Il devait avoir quelques semaines. Il pleurait tout ce qu'il pouvait et sa mère déchargeait son caddie. J'étais assez loin, je ne sais donc pas si elle lui parlait, si elle le rassurait de ses mots, tout ce que je sais c'est que le petit, à ce moment-là avait besoin d'autre chose que de mots. A un moment, elle avait finit de décharger ses courses et attendait je ne sais quoi... je me suis dit, c'est bon, elle va pouvoir le prendre dans ses bras... mais non, elle lui a très tendrement remis ses petits chaussons... Inutile de vous dire que ça ne l'a pas calmé non plus.

C'était tellement insoutenable pour moi que j'ai pris mes enfants sous le bras et j'ai planté là leur papa pour m'éloigner le plus possible; J'étais au bord des larmes, mes entrailles étaient en vrac, tout mon corps protestait contre ce hurlement. Si j'avais osé je serais allée chercher ce bébé et je l'aurais pris dans mes bras le temps que la mère vide son caddie... ou j'aurais proposé mon aide pour faire ce travail libérant ainsi les bras de la maman pour qu'elle console son bébé.

Je ne sais pas comment font ces gens pour pouvoir résister aux cris de leurs enfants. Car il faut bien qu'ils résistent, ils ne peuvent pas ne pas sentir la peur, la douleur de leurs enfants, si ? Si, je suppose que certains, trop endurcis par la fatigue, le stress, le manque de soin reçus eux-mêmes dans leur enfance, sont incapables de vraiment entendre les cris des enfants pour ce qu'ils sont : des appels à l'aide. Mais les autres ? Ceux qui entendent et n'agissent pas ? Quelle raison supérieure les pousse à ignorer les pleurs ?

Le regard des autres ou l'idée qu'on s'en fait...? Peut-être cette femme avait-elle peur d'indisposer les gens en vidant son caddie trop lentement, d'une seule main, si elle prenait son bébé dans ses bras.

L'idée qu'on se fait de ce qui est bien vu, ou bon pour nos enfants ? Parfois, les gens pensent qu'on attend d'eux qu'ils ne cèdent pas à leurs enfants... rappelez-vous, la grande guerre des adultes contre les enfants, ces enfants qui ont pour seul objectif dans la vie de vous bouffer tout cru. Dès leur naissance...

Parfois aussi, ils n'ont aucun moyen de calmer l'enfant, ou pensent n'en avoir aucun, alors ils n'essaient pas. Peut-être cette mère savait-elle que son enfant avait faim et s'il était nourri au biberon et qu'elle n'en avait pas sous la main...elle se retrouvait bien démunie. Ou si elle l'allaitait, elle n'a peut-être pas osé lui donner le sein, là, dans la queue... (Personnellement, je l'ai fait plusieurs fois... et je ne sais pas ce que les gens ont pensé s'ils en ont pensé quelque chose, c'était juste la chose à plus intelligente à faire à ce moment-là, même si ce n'était pas follement pratique et je ne me suis pas préoccupée de l'avis des autres !)

En tout cas, l'atmosphère du magasin s'en est trouvé transformée. Je pense que tout le monde réagit à un pleur d'enfant. Par de l'agacement, de la colère, de la tristesse, de l'angoisse, des gestes, des chants, des caresses, des cris... mais ça ne laisse personne indifférent. Et pour cause ! C'est conçu pour !

Si les pleurs d'enfant sont insupportables, c'est qu'on ne doit pas les supporter. C'est qu'on doit y remédier au plus vite. C'est que le besoin de l'enfant, à ce moment là, est primordial, urgent, vital. Et toutes nos cellules nous le rappellent à l'ordre. Malheureusement pour nous, et pour nos bébés, notre cerveau parvient souvent à prendre le pas sur le reste de notre être, et  même parfois à nous faire croire qu'il a raison contre notre instinct, nos savoirs ancestraux, notre connaissance intime de nos enfants.

Alors, par pitié pour ces petits, si un jour vous balancez entre votre tête et votre coeur, si vous ne savez plus si vous devez prendre votre bébé dans vos bras... n'écoutez que votre coeur... c'est lui qui a raison. C'est lui qui est branché sur votre enfant. C'est lui qui sait, votre tête, elle, pense savoir, aimerait savoir, écoute ce qu'on lui dit et voudrait bien faire... mais elle ne sait pas, elle ne sent pas.

Posté par Aspen à 10:26 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 20 décembre 2006

Du danger d'être centré sur l'enfant

Allez absolument lire, ici (site de Pascle "Faisons avancer les choses") un article de Jean Liedloff (auteur du Concept du Continuum que je vais finir par lire à force d'en entendre dire tant de bien!) sur la relation aux bébés et jeunes enfants... Et pourquoi, malgré toute l'attention qu'on leur porte, nos enfants nous cassent les pieds... (Résumé volontairement caricatural!!!)

Vraiment, allez lire ça, vraiment, vraiment, allez-y. (Non, je ne me répète pas) :-)

Posté par Aspen à 14:39 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 19 décembre 2006

Article un peu nébuleux

Où l'on repose (encore) la question des contraintes

Poser des limites, poser des limites, c'est bien beau, mais quelles limites et pourquoi faire ?

J'ai l'impression que nous avons tous si bien intégré toutes les limites, toutes les contraintes, tous les « ça, ça ne se fait pas, ça n'est pas possible, non non non pas question » que nous sommes comme englués dedans.

Nous voudrions nous échapper, penser par nous-même, chercher librement notre voie, et sitôt que nous nous aventurons un tout petit peu hors des sentiers battus, hop, nous retournons tous seuls dans le droit chemin. Il faut suivre la ligne du parti... Rester solidaire avec nos pauvres frères humains. Ne pas trop sortir la tête du rang, pour ne pas se faire trop taper dessus... Non, même pas, c'est juste que « ça n'est pas possible ». Et puis c'est tout. Pas possible. Il n'y a même pas à se rebeller contre cet état de fait.

On voudrait faire le tour du monde, repeindre son appartement en rose, ne pas fêter Noël  dans les excès, se teindre les cheveux en bleu, chanter à tue-tête dans la rue... Mais non. C'est à peine si la plupart d'entre nous osons nous avouer dans le creux de notre esprit nos rêves les plus fous. Parce qu'ils paraissent fous alors qu'ils ne le sont pas tant que ça. Reprendre la peinture, devenir potier, prof d'équitation, que sais-je moi ? Partir en vacances, tout de suite, faire l'école buissonnière, déscolariser notre môme malheureux à l'école. Embrasser l'homme de sa vie en pleine rue. Mais tout de suite il nous vient des objections raisonnables... Il faut gagner sa vie... et acheter une nouvelle voiture... et que vont penser les voisins...

Bien sûr, je caricature. Mais je connais tellement peu de gens libres...

 

Et tellement de gens qui agissent comme en pilotage automatique, non pas par choix mais par méconnaissance de ce simple fait : les choses pourraient être autrement.

Non, nous ne sommes pas obligés de travailler 40 heures par semaine de 20 à 65 ans. Oui on peut choisir de le faire et c'est tout à fait respectable. Non, on n'est pas obligé de s'habiller de telle ou telle façon. On peut choisir de le faire pour ne pas se faire remarquer (ou virer si c'est une boite « costume-cravatte ») Non, on n'est pas obligé de penser comme ses parents. Oui, on peut continuer à croire au Père Noël après 6 ans, et même après 40 ans. Oui, on peut choisir de gagner moins d'argent. Oui, on peut faire tout un tas de choses qualifiées "excentriques" sans en mourir...

En fait, la question n'est pas tant ce qu'on fait réellement ou pas que la sensation qu'on a le choix de faire autrement.

Et de fait, nous n'avons, de par notre éducation, pas tant le choix que ça. Si on a été habitué à penser, mettons, qu'on n'est pas respectable si la maison n'est pas toujours impeccablement tenue... et bien il y a fort à parier que soit la maison sera impeccablement tenue, soit nous le vivrons très mal...

 

Là où je voulais en venir, pardonnez-moi, mon propos est un peu nébuleux aujourd'hui, c'est que depuis toujours nous faisons ce qu'on attend de nous, que ce soit dit clairement (auquel cas, on peut au moins protester) ou que ce soit complètement inconscient...


Pour prendre un exemple au hasard : les enfants savent très tôt, pour la plupart, quels types de dessins plaisent à la maîtresse... et très tôt aussi, ils s'y conforment parce que le besoin d'amour et de reconnaissance  passe avant le besoin d'expression. Un coloriage réussi, c'est un coloriage « qui ne dépasse pas ». Très bien. Mais pourquoi ? Ne pourrait-il pas être beau aussi en dépassant volontairement ? Je sais bien que l'intérêt de demander à l'enfant de ne pas dépasser est pour qu'il apprenne à maîtriser son geste graphique... Sauf que plus jamais dans sa scolarité il ne sera autorisé à « dépasser » « déborder »... et il ne mettra qu'une couleur par « case »... (alors que quand même, c'est joli aussi quand ce n'est pas uniforme).

Nous même, en tant que parent, ne pouvons que difficilement nous empêcher de valoriser certains apprentissages plus que d'autres, comme si certaines connaissances étaient plus nobles que les autres. Il connaît tout sur les insectes mais fait trois erreurs d'orthographe par mots... Sur quoi va-t-on insister ? Sur sa prodigieuse mémoire ou sur ses lacunes orthographiques ? Pourtant, l'un n'est pas forcément moins utile que l'autre... surtout s'il veut devenir entomologiste... (tu n'y arriveras jamais si tu ne fais pas un effort avec ton orthographe!)

 

Bref. Donc... Donc je ne sais pas. J'essaie pour l'instant de sortir du cadre... mais je n'y arrive pas. Pourtant, j'ai bien peur que ce cadre ne me convienne qu'à moitié. (voire pas du tout ?) Mais il est bien rassurant...  Et je ne sais pas non plus comment ne pas l'imposer, de fait, à mes enfants... 

Posté par Aspen à 12:05 - Education / Pédagogie - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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