mercredi 27 décembre 2006

Pas de sapin cette année

Presque tous les gens qui sont venus chez moi ces quinze derniers jours m'ont fait cette réflexion « Tiens, vous n'avez pas mis de sapin ? »

Ben non. Ce à quoi je répondais « Nous n'allons pas / n'avons pas fêté Noël chez nous. » Ce qui est vrai. Mais qui n'est qu'une toute petite partie de la raison pour laquelle, effectivement, il n'y a pas eu de sapin chez nous. Et qu'il est possible qu'il n'y en ait plus jamais.
Une autre toute petite partie de la raison est économique. (Cette année, pour la première fois, nous étions vraiment à 8 € près).

Et le fond du fond... est écologique, vous vous en doutiez.

Parce que je trouve aberrant qu'on cultive pendant plusieurs années (ça met combien de temps à pousser un sapin ?) des arbres qu'on va laisser crever en quinze jours.
Parce que les cultures intensives sont mauvaises pour la planète et que les sapins, c'est quand même principalement (pour ne pas dire toujours, car à vrai dire, je ne me suis pas renseignée) ça, que je sache...
Parce que les sapins, comme disait je ne sais plus qui, sont les rats de la nature: ils prennent tout ce qu'il leur faut dans le sol mais ne rendent rien. Les sols sont quasi stériles après une culture intensive de sapin. D'ailleurs, allez visiter une forêt de conifères, il ne pousse rien au pied de ces arbres. (Les feuillus, au contraire, enrichissent les sols, leurs feuilles se transformant tranquillement en un terreau exceptionnel...)
Parce que couper un arbre, même un sapin, pour faire de la décoration me semble faire bien peu de cas de la Vie.
Parce que j'aurais l'impression d'entrer dans le cirque de la consommation qu'est devenu Noël, avec tous ces achats inutiles, toutes ces choses soit disant indispensables sans lesquelles Noël n'est plus vraiment Noël...
« Quoi, vous n'avez pas de sapin ? Pas de couronne sur la porte ? Et vous avez demandé au(x) Père(s) Noël(s) de bien vouloir limiter à un ou deux le nombre totaux de jouets pour vos enfants ? »

Eh oui...
Mais, rassurez-vous, nous avons tout de même passé un très bon moment ! J'espère que vous aussi...

Posté par Aspen à 23:44 - - Rétroliens [0]


dimanche 3 décembre 2006

Terre de sommières

Voici le dernier produit miracle que j'ai découvert :

La terre de sommières...

C'est une argile qui a pour propriété principale d'être extraordinairement absorbante... elle est censée pouvoir détacher à sec et sans auréoles les taches grasses (huile, beurre...) ce qui est bien pratique pour les tapis et autres surfaces qu'on ne peut pas laver facilement. Je n'ai pas testé son utilisation dans ce cadre-là pour l'instant.

Pratiquant l'hygiène naturelle (il y a un article à ce sujet dans la rubrique éducation, en résumé, je ne mets pas de couches à ma fille de 13 mois) il m'arrive de laisser passer des pipis... Sur le carrelage, ça ne pose pas de problème. Sur les canapés, ça en posait... (Même en nettoyant tout de suite, le nettoyage n'est jamais tout à fait satisfaisant.)ça n'en pose plus. Car la terre de sommières, dans ce contexte, est tout simplement miraculeuse. On absorbe le maximum de pipi (avec une éponge, une serviette... ce qu'on veut) puis on saupoudre la terre de sommières (qui est aussi fine que du talc) sur la tache et on laisse reposer deux ou trois heures avant de passer l'aspirateur.

Il faut le sentir pour le croire : il n'y a aucune odeur !!

Petit inconvénient... elle vient du Maroc...

Posté par Aspen à 12:27 - - Rétroliens [0]
vendredi 10 novembre 2006

Faire son compost

Allez, aujourd'hui, lançons-nous dans un petit pas écologique... Le compost !

Bon, je sais, le compost, c'est compliqué, tous les manuels d'écologie vous le diront, ils faut telle quantité de tel ingrédient, il faut l'exposer de telle façon par rapport au soleil, à la pluie etc, il faut penser à l'humidifier s'il fait trop sec, le couvrir s'il pleut trop, ne pas mettre trop de ceci ou de cela...
Bref, le compost, c'est réservé aux spécialistes.

Et bien non !!!
Surtout pas...

Alors, première chose, en matière de compost, comme ailleurs, le perfectionnisme tue l'action. Si vous attendez de tout savoir sur le compost, d'avoir le bac à compost parfait, les conditions météorologiques parfaites... vous ne ferez rien.
Ce que je vous propose est très très simple, tellement simple que si vous avez un bout de jardin, vous n'aurez aucune excuse pour ne pas le faire ! :-)

Choisissez un endroit dans votre jardin, pas trop près de la maison pour ne pas être incommodé par la vue, mais pas trop loin non plus pour avoir le courage d'y aller régulièrement. (Si vous ne trouvez pas le coin parfait, trouvez un coin imparfait ! Au pire, un tas de compost, ça se déplace si besoin...)

Et puis, à partir de maintenant, décidez d'y mettre tout ce qui peut y aller... A savoir

  • les épluchures de légumes

  • les restes éventuels de cuisine

  • les feuilles mortes

  • un peu de papier (pas trop)

  • un peu de tonte de gazon (faire sécher avant de mettre sur le compost)

  • le contenu de vos toilettes sèches si vous en avez

  • les cendres...

  • le marc de café

Bref, à peu près tout ce qui est biodégradable....

Ce qu'on ne met pas:

  • les déchets de viande ou de poisson (putréfie et attire les bestioles indésirables)

  • les peaux d'orange ou de pamplemousse (biodégradables, certes, mais pas sous nos latitudes trop fraîches)


Oui, oui, vous mettez tout en tas, sans vous préoccuper de savoir s'il y a assez de ceci ou de cela... Au pire, votre tas ne diminuera pas vite (un bon compost se tasse très rapidement) mais vous ne courrez aucun risque, à ma connaissance du moins. Et c'est tout... Facile, non ?

Je vous conseille aussi de prévoir un petit récipient dans la cuisine pour mettre au fur et à mesure vos épluchures et éviter d'incessants allers retour au jardin. (Si c'est trop contraignant, vous ne le ferez pas...)


Pourquoi s'embêter à faire un compost ?

Pour quelques très bonnes raisons écologiques et pratiques que je vous résumerai rapidement:

  • tout ce que vous mettez au compost n'ira pas à la poubelle ce qui signifie moins de déchets en décharge, des poubelles moins remplies et qui sentent moins mauvais (rien à moisir dedans...) Et rien que pour ça, ça vaut déjà le coup... quand on voit le problème des déchets en France, on se dit que tout ce qu'on peut faire pour améliorer la situation est important.

  • ce qui vient de la terre doit y retourner... c'est quand même mieux que d'être incinéré ou entassé dans un coin...

  • ça vous fera un super terreau pour votre jardin, gratuit en plus...

  • c'est facile...et même pas embêtant en fait...


Alors, au boulot !

Posté par Aspen à 11:36 - - Rétroliens [0]
mardi 10 octobre 2006

Les insectes au jardin

Au jardin, la tentation est grande de sortir les produits chimiques pour se débarrasser de toutes ces petites bêtes étranges qui osent grimper sur nos belles carottes ou nos salades naissantes... Or, halte, stop, ne bougez plus !!! En vérité, et c'est Denis Pépin qui l'affirme (un spécialiste du jardinage sans pesticide) dans un petit guide publié en Bretagne par la Mce et « eau et rivière », très peu d'espèces sont dangereuses pour les plantes ou les hommes.

La règle de base, au jardin, est donc de favoriser les « auxiliaires », autrement dit, les  bébêtes  qui mangent les bébêtes qui mangent vos plantes... Très bien me direz-vous, mais comment fait-on cela ? Et bien, d'après ce même guide, c'est fort simple:

  • surtout, ne pas traiter: les traitements tuent toutes les bébêtes sans distinction... et plus on traite, plus il faut traiter

  • accepter les pucerons (comme les araignées dans la maison, :-)), surtout là où ils abîmeront le moins : si on supprime le garde manger des auxiliaires, ils devront déménager pour aller chercher ailleurs leur pitance...

  • planter des haies variées, avec des essences locales qui attireront les fameux auxiliaires tant recherchés... et avoir des fleurs toute l'année, y compris en fin d'hiver et en automne... cela attirera aussi les butineurs pollinisateurs ce qui est toujours ça de gagné !

  • couvrir la terre, on dit aussi « pailler » dans le jargon écolo-bio..., c'est-à-dire la recouvrir avec des feuilles mortes, des brindilles, des plantes couvre-sol persistantes. Les animaux s'y cacheront l'hiver. Les crapauds et hérissons friands de limaces et autres gros vers ont besoins quant à eux d'un tas de bois ou de pierre pour s'abriter

  • penser aux oiseaux et aux chauve-souris (nichoirs). Il paraît aussi qu'on peut offrir des abris aux perce-oreilles en suspendant un pot de fleur rempli de paille dans les rosiers arbustifs et les arbres fruitiers pour lutter contre les pucerons. (le pot doit toucher le tronc, on peut le mettre dès le mois de mai)

  • contre les campagnols, mulots, souris... adoptez un chat !

En dernier recours il y a des traitements biologiques, mais ils sont rarement nécessaires et je ne les connais pas, n'en utilisant pas moi-même !

Posté par Aspen à 15:19 - - Rétroliens [0]
jeudi 5 octobre 2006

Comment remplacer les insecticides…

Sujet d’article proposé par Ecovabien

Spontanément, pour tout vous avouer, la première réponse qui me vient à l’esprit est : « en tolérant les insectes »….

Pourquoi est-il si difficile, pour la majorité d'entre nous, de vivre avec des petites bêtes?

Mon frère, qui est bouddhiste, me faisait remarquer récemment que les moustiques nous piquent pour manger : pour eux, c’est une question de survie et de perpétuation de l’espèce (savez-vous que seules les femelles piquent ?). Dans nos contrées, ils ne nous font pas bien mal, ils ne véhiculent aucune maladie dangereuse… mais au lieu d’accepter une petite piqûre, notre réponse est extrême : on les tue. Il y a comme un abîme entre la nuisance réelle et la sanction, c’est un tout petit peu disproportionné, si on y réfléchit bien ! Bon, d’accord, ça gratte. D’accord. Et après ?

J’ai de plus en plus de mal à tuer, même les insectes. Même les moustiques (jusqu’à peu, c’était encore une exception que je faisais). Même indirectement, par piège interposé.

Alors, ma foi, je cohabite…


Si vraiment on ne veut pas se faire piquer, il y a toujours la solution de la moustiquaire : ambiance vacances garantie ! On en trouve en pharmacie pour pas trop cher (la mienne date de 2000, je l’avais achetée 200f à l’époque). Bizarrement, sous la moustiquaire, même l’insupportable « bzz » des moustiques devient tolérable…

On peut aussi encourager les araignées à s’installer, et espérant qu’elles mangeront un maximum d’insectes…

Sinon, contre les mouches il y a bien sûr le fameux papier tue-mouche, qu’on fait pendouiller du plafond et qui donne immédiatement à votre intérieur une ambiance, comment dire, rurale ? Particulièrement décoratif quand il est plein de mouches… Le même principe existe pour les mites alimentaires ceux qui achètent leurs céréales en vrac et en grandes quantités sont peut-être confrontés à ce problème… Mais il faut savoir que cela piège les insectes, cela ne les tue pas… ils agonisent pendant plusieurs jours, collés à leur truc. Moi, je ne peux plus, j’ai jeté les derniers que j’avais. La tapette à mouche est très efficace, sinon… ou le piège qu’on fabrique avec une bouteille coupée en deux, le haut retourné mis dans le bas, et qu’on remplit d’eau avec de la confiture : les mouches et le guêpes rentrent dans la bouteille mais ne peuvent en ressortir et finissent par se noyer.

En tout état de cause, la meilleure arme contre les insectes, si vraiment on n’en veut pas, reste à mon avis la prévention :

- pas trop de nourriture qui traîne trop longtemps : moins de mouches, pas de fourmis…

- boucher les trous par où passent les fourmis, si on peut le faire

- ne pas allumer la lumière porte et fenêtres ouvertes en été pour éviter moustiques et phalènes

- ne pas acheter en trop grosses quantités, manger les produits les plus « vieux » en premier

- mettre des boules en buis anti-mites dans les vêtements, ou des sachets de sauge

- passer l’aspirateur régulièrement pour éviter les invasions de puces (par contre, en cas d’invasion massive, je ne connais pas encre d’autre méthode que la chimie lourde… si l’un(e) de vous a une alternative à proposer…)

- il existe des mélanges d’huiles essentielles contre les insectes

- contre les xylophages, il existe des traitements préventifs dans les magasins d’habitat sain. (nous avons huilé nos lambris à l’huile de lin et « traité » nos poutres au sel de bore…)

En ce qui concerne les araignées, personnellement, elles ne me dérangent pas du tout, sauf les énormes que j’attrape avec une boite et que je mets dehors… (ou quand elles tombent dans la baignoire, je leur donne une serviette sur laquelle grimper, et hop, par la fenêtre). En plus, elles me débarrassent des mouches et moucherons, qui eux, me gênent bien plus.

 Voilà ce que je peux vous dire pour l'instant. Cet article est sûrement loin d’être exhaustif… et pour les insectes au jardin, il va me falloir me pencher un peu plus sur la question… j’essaierai de vous faire un article là-dessus plus tard.


Posté par Aspen à 10:17 - - Rétroliens [0]


samedi 26 août 2006

Animaux en voie de disparition

Fermez les yeux deux secondes, et voyez ce qui vous vient à l’esprit lorsqu’on vous parle d’espèces menacées. Pour moi, cela évoque les koalas, les tigres blancs ou les baleines bleues… Des grosses bêtes dont on entend parler régulièrement.
En tout cas, pas les poissons.
Et pourtant…

Et pourtant, la pêche intensive est en train de vider les océans. Le grand requin blanc est en voie d’extinction et selon la FAO (l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation) 7 des 10 principales espèces de poisson de mer sont « pleinement exploitées ou surexploitées » (rapport FAO 2004).

Dans notre série « Ça devient vraiment compliqué de se nourrir » Greenpeace vient de publier un Guide à l’usage du consommateur responsable qui nous indique les espèces à ne plus consommer : flétan de l’Atlantique, cabillaud, eglefin, merlu européen, saumon de l’Atlantique, bar, carrelet, sole, baudroie/lotte, raie, certaines espèces de thon (germon, obèse, rouge), empereur, hoplostète rouge (jamais entendu parler !) grenadier, sabre, saumonette.
De même, il faudrait d’après eux éviter les bâtonnets de poisson qui peuvent provenir de flottes industrielles pirates.
Enfin, certains poissons sont à éviter lors de leur période de reproduction (dorade, avril-mai ; rouget, avril-août ; lieu jaune, février-mai ; limande, avril-juin ; maquereau, juin-juillet ; morue et mulet, février-avril ; plie, décembre-mars ; rousette, janvier et juillet, sole, février-avril ; turbot, mai-juillet.

Plus qu’à apprendre tout ça par cœur, à l’imprimer ou à devenir végétarien…
Bon appétit à vous !

(Infos trouvées dans le dernier numéro (n°19) de « L’écologiste » )

Posté par Aspen à 21:50 - - Rétroliens [0]
mardi 22 août 2006

Comment s'acheter une conscience grâce à l'écologie?

Parce que le discours écolo commence à porter ses fruits, parce qu’il semble que l’avenir de notre planète intéresse suffisamment de gens pour que lui soit consacré un ministère, parce que les jeunes parents sont soucieux de l’avenir de leurs enfants, parce qu’enfin les publicitaires et marketeurs de tout poil y voient une niche commerciale alléchante, nous somme entourés de messages et d’actions à caractère écolo.

Sous couvert de protéger l’environnement, bon nombre de firmes font des choux gras de notre intérêt pour l’écologie. Ainsi, plutôt que de proposer à ses clients des sacs bio-dégradables, les grandes surfaces préfèrent vendre des sacs recyclables. Outre le fait qu’elles s’enrichissent sur le dos des consommateurs et qu’elles savent, comme d’habitude tirer leur épingle du jeu, je doute que la formule ait un effet réel sur la diminution de la pollution :

d’abord parce que les étourdis qui ont oublié chez eux les fameux sacs se voient obliger d’en racheter, augmentant ainsi la fabrication de sacs plastiques, ensuite parce que rares sont ceux qui pensent ou ont le temps de ramener les sacs usagés pour se les faire rembourser 10 centimes pièce…

D’autre part, ceux qui avant, utilisaient les sacs plastiques comme sacs poubelles doivent aujourd’hui acheter ces derniers, déplaçant simplement le problème de la pollution. Les pollueurs riches, quant à eux, ne se soucieront pas plus de jeter dans la nature un sac plastique à 15 cents qu’un sac gratuit…

Je ne dis pas que la volonté de diminuer la distribution de sacs plastiques aux caisses n’a pas un impact mais je pense qu’il n’est pas aussi important que l’on veut bien le démontrer et je pense surtout que les grandes surfaces sont bien contentes d’avoir trouvé un nouveau filon pour s’en mettre plein les poches sous des allures de générosité pour les générations à venir. Si elles avaient vraiment souhaité réfléchir à un concept écologique et non à un concept financier ; elles auraient travaillé sur :

-        les rayons frais, en remplaçant tous ces congélateurs et frigos ouverts par leurs équivalents fermés, diminuant ainsi la consommation d’énergie par deux ! (le problème c’est que c’est surtout leur chiffre d’affaires qui diminue..)

-        les multi-conditionnements entre le moment où l’article quitte la fabrique et arrive dans les rayons : chaque jour, rien que pour les fruits et légumes, ce sont plusieurs tonnes de cartons qui sont jetées à la poubelle

-        des fruits et légumes de la région, cueillis à maturité, et de saison. Je ne suis pas contre la grande surface en tant que grand marché, je suis contre l’esprit de gâchis

-        les réductions de prix sur des produits de qualité plutôt que d’inventer leur marque discount dont il vaut mieux ne pas lire les étiquettes de composition

-        et bien d’autres choses encore…

On pourra alors constater qu’il y a, au sein de la toile biologique les mêmes manipulations du consommateur, juste par souci du profit. Ainsi, la responsable de la biocoop, auprès de qui je m’étonnais de voir des frigos ouverts, m’affirma que son chiffre d’affaires baisserait de 20% si elle les fermait.

De même, alors que je m’étonnais de voir des tomates au mois de mars sur l’étal du maraîcher bio, celui-ci m’informa qu’elles venaient d’Israël. Devant ma grimace, il s’empressa de dire : « Mais elles sont BIO ! »

Je m’en fous. Elles peuvent être plus bios que bio, je n’achèterai pas de tomates au mois de mars. Point barre. Je ne mange pas bio par snobisme, par unique souci pour ma santé ou pour m’acheter une conscience, je mange bio par respect pour la terre et par combat politique. Si mes tomates bio ont dû parcourir 3000 kms et dépensé des milliers de litre de pétrole avant d’arriver dans mon assiette, elles sont tout aussi polluées que les autres.

Ainsi je ne supporte pas de voir à la biocoop des denrées venant de loin lorsque je sais qu’un producteur de ces produits habite pas loin de chez moi.

Une chose qui m’énerve particulièrement sont tous les produits de beauté dont on nous vente les bienfaits pour le corps et pour la nature. Prétextant n’utiliser que des produits naturels, on nous persuade que ces produits sont écologiques, même s’ils n’en portent pas le label. Peut-être un peu moins chimiques que les autres mais tout aussi destructeurs : je pense au déodorant à base de papaye du Brésil, de crème à l’aloé vera d’Amazonie ou à d’autres substances récoltées dans le monde entier. Pourquoi ne pas plutôt utiliser des crèmes faites avec des produits de chez nous ? Je pense à la marque CAUDALIE qui utilise le raisin de nos régions ou à la marque LUSH qui utilise des fruits et des légumes, pourquoi ne pas utiliser les plantes qui vivent chez nous et dont les bienfaits sont démontrés plutôt que d’aller bousiller la forêt amazonienne, le poumon vert de la planète, à la recherche de la substance BIO qui fait des miracles ?

Le bio, ce n’est pas une question de label, c’est une question de mode de vie. Une idée reçue sur le bio consiste à dire que « c’est un sport de riche ».  C’est vrai si l’achat des produits bio se fait juste par snobisme. C’est faux si c’est tout un état d’esprit bio qui se met en place chez nous.

Etre bio par snobisme consiste à : (exemples tirés de la réalité de voisinage)

-        ne manger que des produits achetés à la biocoop ou chez le maraîcher bio mais conserver une vieille chaudière électrique hors-normes dont on se soucie peu de la consommation puisque Chéri travaille à EDF

-        acheter des produits de beauté bio à base de fleurs ou de plantes arrachées à des pays lointains et visiter ces mêmes pays en prenant chaque jour, dans des grands hôtels, des bains équivalents à ce qu’il faut pour arroser ces mêmes fleurs et plantes pendant un mois

-        utiliser des couches bio pour des enfants et se ruiner en jouets en plastique Made in China pour Noël (ou les emmener au Mac Do et leur offrir le jouet crétin fabriqué par des enfants, qui, eux, doivent économiser sur leur salaire pour pouvoir l’acheter à Mac Do…)

-        acheter des fringues en coton bio parce que c’est fun mais changer de garde-robe tous les mois parce que « ce que je préfère dans la vie, c’est consommer ! »

-        prendre deux ou trois tablettes de chocolat équitable à la grande surface et ne pas soutenir l’économie locale en n’achetant que des produits importés…

-        cotiser à Greenpeace et ne pas regarder comment on remplit son caddie (entre les produits exclusivement des grands groupes et les goûters en pochettes individuelles, glisser deux ou trois produits ménagers différents, rien que pour la lessive quotidienne) ou ne pas remarquer qu’on laisse couler l’eau à gros bouillons pour laver une tasse ou les mains d’un enfant

-        verser chaque année 500 euros aux associations caritatives et investir dans des appartements minuscules dans des régions qui rapportent (genre Paris) pour y entasser des cas sociaux, défiscalisation oblige

etc…etc…

Je suis loin d’être une écolo qui peut donner des leçons aux autres, je suis encore trop souvent engluée dans mes paradoxes, mes doutes, mes impossibilités. J’ai encore acheté un livre cette semaine alors que j’aurais pu l’emprunter à la bibliothèque, j’ai encore fait mes courses à Leclerc cette semaine, j’ai récemment eu trop souvent recours à ma voiture pour des trajets que j’aurais pu faire en vélo et j’ai claqué de l’argent chez IKEA dans des objets faits en Thaïlande, je ne suis pas parfaite.

Mais en aucun je ne porte une bannière BIO en bandoulière comme une immunité qui m’achèterait une conscience. Ce n’est pas parce que j’ai mangé bio cette semaine que j’ai le droit de me reposer sur mes lauriers et d’arrêter mon travail de décroissance et de réflexion.

Le respect de la Nature et d’Autrui, ça ne se trouve sous aucun label et sur aucun étal. On n’achète pas sa conscience et sa grandeur d’âme.

Pour moi, le bio est un état d’esprit, une sorte de philosophie du Zen et du respect de toute vie et de toute chose sur Terre, un vrai pas vers la liberté intérieure et l’autonomie. Ce bio là, qui ne demande pas de besoins financiers particuliers c’est :

-        consommer local (pas plus loin que nos frontières de préférence) le plus possible. Et un maximum de choses : la nourriture mais aussi les boissons, les jouets, les vêtements, les meubles, la déco, le sport, les spectacles…

-        réduire sa consommation de tout : énergie, eau, drogues, matériel, nourriture (surtout viande), plaisirs éphémères payants (restos, spectacles…)

-        être le plus possible autonome : tricoter, faire sa nourriture, fabriquer des meubles et des jouets, récupérer l’énergie pour se la redistribuer, coudre…

-        se libérer de l’esclavage de l’argent et du travail : dépenser moins (cf. les articles sur la Simplicité Volontaire) donc avoir moins besoin d’argent donc travailler moins pour un jour enrayer cette course folle vers toujours plus d’échanges commerciaux et de consommation.

Posté par cherry plum à 14:57 - - Rétroliens [0]
vendredi 26 mai 2006

Isolation en chanvre…

En ce moment, on refait une tranche de travaux à la maison. (Ayant un petit budget, nous avons acheté une maison dans laquelle il y avait tout à rénover). Hier, nous avons enduit un mur en chanvre… C’est une excellente isolation phonique et un bon correcteur d’isolation thermique…

On m’objectera : mais c’est plus cher de faire une maison écologique… Alors, je dis : oui… et non. Par exemple, l’enduit en chanvre si on le fait soi-même, revient à environ (pour l’épaisseur que nous avons mise, à savoir 10 cm) 15€ du mètre carré… Vous allez me dire, c’est hors de prix pour une simple isolation ! Evidemment, si on compare avec de la laine de roche (à 2 ou 3 € du mètre carré)… sauf qu’il faut comparer ce qui est comparable : une fois l’enduit chanvre terminé, tout est fini… Alors qu’une fois votre laine de roche posée il vous reste encore à mettre du placo, puis une couche d’apprêt, puis une finition - peinture ou papier peint… Et j’ai oublié de compter les supports métalliques pour le placo. Et alors… là il y en a pour bien plus que 15€ du m2.

En fait, ce qui est cher dans les maisons écologiques, c’est la main d’œuvre, qui est souvent plus conséquente que pour une maison traditionnelle… ce qui explique que beaucoup se tournent vers l’auto construction.

Tout ça pour dire que l’argent souvent n’est pas l’obstacle qu’on imaginait…

Posté par Aspen à 21:05 - - Rétroliens [0]
mardi 23 mai 2006

Fiel de boeuf et caséine

Les deux remarques de Yael sur la peinture à la caséine (et donc fabriquée à partir du lait de vache) et le savon au fiel de bœuf m’ont laissées tellement interdite que je cogite depuis trois jours… Ces commentaires m’interpellent, c’est sûr, mais je ne sais pas ce que j’en pense vraiment. Suis-je d’accord ? Ne le suis-je pas ? Je vais essayer d’éclaircir les enjeux.

D’une part, j’ai arrêté de manger de la viande et du poisson depuis quelques temps pour des raisons « écologiques » (disons cela comme ça). En fait, c’est pas tout à fait ça : j’avais depuis longtemps quasiment supprimé la viande pour des raisons économiques… et j’ai cessé d’acheter du poisson aussi pour des raisons écologiques. (Voir l’article à ce sujet).

D’autre part, ça ne me posait pas de problème de mettre de la peinture à la caséine chez moi ou d’utiliser du détachant au fiel. Le fait que j’avais acheté ces produits avant ma décision m’amène à me poser la question suivante : dois-je en racheter, est-ce vraiment, comme le dit Yael, contradictoire avec le fait d’être végétarien ? Ce qui est sûr, c’est que je ne me serais pas posé la question sans son intervention !

Cherryplum avait prévu un article sur les végans. Je ne savais pas ce que c’était, j’ignorais même que cela existait : ce sont des gens qui refusent tout ce qui provient des animaux, que ce soit la viande bien sûr, mais aussi les œufs et le lait, comme les végétaliens, et en plus le cuir, la laine, la corne…etc. Donc, me mettre à refuser la peinture à la caséine et le détachant au fiel me ferait entrer dans ce « groupe »-là… ce qui n’est pas forcément mon objectif. D’un autre côté, si on est contre les conditions d’élevage et d’abattage des animaux dans les usines à viande et à mort… et qu’on ne peut pas vérifier que le fiel provient d’un bœuf élevé et tué dans de bonnes conditions… alors oui, on est en contradiction avec ces principes. Mais on peut alors dire « c’est contre mes principes » sans nier le fait que ce détachant-là reste écologique dans le sens où il ne contribue pas à la pollution de la planète, ni par sa fabrication, ni par sa durée de vie et ses effets dans l’eau et le sol après utilisation. De ce point de vue-là, je suis en accord avec moi-même : j’agis de manière à laisser la planète la plus propre possible à mes enfants. (La question de savoir si on peut vivre avec des tâches est encore une autre question, mais elle est bonne aussi !)

Par ailleurs, après réflexion, non, ça ne me choque pas d’utiliser de la peinture à la caséine. Si les vaches sont bien traitées, qu’on ne les sépare pas de leur veau précocement, etc… alors qu’on les traie ne me choque pas. Je mange encore du fromage (plus de brebis et de chèvre que de vache, mais bon…) et du beurre et si j’ai parfais eu envie de m’en passer c’était plus pour des raisons de santé.

Je pense qu’il faudrait que je me penche plus sérieusement sur quelques questions de vocabulaire : qu’est-ce qu’un produit biologique, qu’est-ce qu’un produit écologique ? Dans le bâtiment, on fait l’écobilan des matériaux, de façon à pouvoir les comparer entre eux. C'est-à-dire que du procédé de fabrication jusqu’au complet recyclage (ou non) du produit, on essaie de tout prendre en compte : le matériau nécessite-t-il beaucoup d’énergie pour être transformé, est-il renouvelable ? est-il biodégradable ? sa fabrication pollue-t-elle ? et sa mise en œuvre… ? Vous voyez le topo. Pour ma peinture : fabrication avec des matériaux renouvelables : oui (lait), fabrication peu coûteuse ? peu polluante ? on peut imaginer que oui, mais on peut aussi se tromper. Un autre critère à prendre en compte est le risque pour l’usager. C’est quand même surtout pour ça que les gens font écolo, pour la planète, certes, mais d’abord pour eux. Et là, y a pas photo, la caséine, ça ne donne pas mal au crâne… En plus, économie des frais de transport car le produit étant non dilué il pèse moins lourd, il est dans un sac en papier… C’est un bon « éco-produit » à mon avis…

Maintenant, si on en revient à mon détachant au fiel : je pense qu’il ne pollue pas trop à la fabrication (c’est une idée, non un fait vérifié), l’emballage est écologique (pas de bouteille plastique, un tout petit carton seulement), il ne pollue pas à l’utilisation… mais il a nécessité… un bœuf. Bœuf qu’il aura fallu nourrir avec des céréales qui n’auront donc pas servi à nourrir des humains. Certes. Mais, vu que ce bœuf a été tué pour être mangé (par d’autres que moi !) ne vaut-il pas mieux qu’il soit entièrement utilisé ? (Je ne pense pas qu’on élève et qu’on tue ces animaux juste pour leur fiel !!!) C’est la base même de l’écologie que de ne pas « perdre », que d’utiliser tout ce qui est offert par un animal qu’on a tué… le cuir, la corne, la viande… etc.

Alors, mon détachant est-il « écologique » ? Et ma peinture ? Le débat est lancé, j’attends vos réactions, ça m’aidera à me faire une opinion… (quoique, cet article m’a pas mal éclairci les idées… Mais je suis quand même prête à les remettre en cause à nouveau !)

Posté par Aspen à 20:46 - - Rétroliens [0]
lundi 15 mai 2006

Détachant écologique

Jusqu'à très recemment, j'utilisais un détachant bien chimique, le genre de truc qu'on ne veut pas voir tomber entre les mains de nos enfants... et dont on préfère ne pas connaître la composition exacte. J'avais mauvaise conscience mais ne voyais pas comment faire autrement.
Au bout d'un moment j'ai fini par me dire que c'était complètement en contradiction avec mes valeurs... et j'ai arrêté le détachant. Là, je me suis rendue compte, tout de même, qu'il était efficace, mon produit toxique. J'ai donc vécu avec des vêtements tâchés... pendant quelques mois. Jusqu'à ce que je me décide à essayer  un détachant "écologique" à base de fiel de boeuf, en me disant que ça ne serait pas moins efficace que rien du tout et tatata!!! mon linge est à nouveau à peu près propre (si si, ça marche, je suis étonnée!) et ma conscience aussi!

Posté par Aspen à 13:53 - - Rétroliens [0]


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