Je ne sais pas encore ce que je vais mettre derrière ce titre. Le titre est venu, tout seul, sous mes doigts... C'est parce qu'en ce moment, j'ai l'impression très nette, pour la première fois de ma vie, d'aller absolument à l'aveuglette, mais pour autant, sans trop de crainte, vers l'avant.
J'avais, depuis l'enfance, un destin tout tracé. Je savais ce que je voulais, je suis allée droit au but. Des études qu'on pourrait qualifier de réussies, un concours obtenu du premier coup, un diplôme d'enseignement à 23 ans, un métier, donc, puis rapidement après un compagnon, une maison, un enfant...
Voilà, j'étais pour ainsi dire arrivée. Du moins, arrivée aux objectifs premiers que je m'étais fixés.
Et après ... ?
Après, une deuxième grossesse, ce blog, des questions nouvelles, du temps pour redéfinir des projets, faire émerger les rêves qui n'avaient pas eu leur chance dans la première partie de ma vie...

Des rêves qui prennent forme lentement. Des rêves qui me surprennent par leur manque de netteté... Je n'ai jamais eu des rêves flous... mes envies étaient ciselées au laser, jusqu'à présent.
Alors que là, je veux danser... Cela, au moins, paraît très simple et clair. Mais encore ? Mais comment ? Mais avec qui et pourquoi ?
Tout cela, je ne sais pas.
Je veux danser. Le plus possible. En tous lieux. Sans forme imposée, justement. Je ne veux plus m'enfermer, pour l'instant, dans des formes figées qui, si elles ont le mérite de me rassurer, ont aussi celui plus insidieux de me couper de mon ressenti. (et cela n'est peut-être pas un hasard si cela est rassurant !)

Je veux danser donc.
Donc, je danse. Je danse chaque fois que j'en ai l'occasion. A la maison, avec mes enfants.
Je prends des stages, assez régulièrement. (pour ceux qui ont suivi l'épisode où je m'interrogeais sur comment concilier convictions écologiques et besoin d'aller à la "capitale" (Rennes) pour danser, c'est ainsi que j'ai résolu la quadrature du cercle : je me déplace moins, mais pour plus longtemps). Je vais en proposer aussi. Et puis, je danse avec des gens, je monte un petit duo avec une copine, je travaille avec d'autres danseurs sans qu'aucun de nous ne sache où cela nous mènera... et peu importe. La seule chose un peu claire, c'est l'envie d'aller apporter la danse dans la rue.
Pour la première fois, je prends conscience, dans ma chair, que ce qui compte, c'est le chemin. Je danse, alors à quoi bon savoir déjà ce que cela donnera dans trois ans ? Pour autant, je ne reste pas sans rien faire, je lance des fils, je tends des perches, j'essaie d'en attraper et on verra bien ce qui viendra à moi, ce que la vie me proposera.
En attendant, c'est si bon d'être en chemin... surtout en dansant !