Comment définir la violence ? Où commence-t-elle ? Nous avons des tolérances très variables par rapport à ce que nous considérons comme agressif ou violent. Je sais par exemple que j'accepte de la part de mes élèves beaucoup de propos qui choquent certains de mes collègues. Ceci dit, il y a d'autres types de violence qui vont particulièrement me choquer moi, et qui ne dérangeront peut-être pas ces mêmes collègues.

Est violent, selon moi, toute phrase qui commence par « tu ». Comme le rappelait Jacques Salomé il me semble (je peux me tromper), le « tu tue ». Même si l'on pense être gentil, dire « tu es ceci, tu penses cela », c'est prendre à l'autre sa place unique. C'est le priver de sa parole, de son être. C'est prétendre savoir pour lui ce qu'il pense, ce qu'il est, ce qu'il fait. Or, nous ne savons déjà pas souvent nous-mêmes ce que nous pensons, sommes... alors les autres, pfuui... Donc, pas de « TU ».

Est violent, selon moi, toute façon qui tente de faire comprendre à l'autre qu'on a raison et qu'il a tort. Nous avons le droit d'avoir un avis différent... de le garder, sans pour autant en conclure que l'autre a tort. Et encore moins penser que s'il a tort, il est forcément con.... (sinon, il penserait comme nous, tiens!)

Est violente l'ironie mordante faite à l'encontre d'une personne. « Rire avec », c'est drôle, « rire de », c'est moins drôle. Enfin, en tout cas, ça ne me fait pas rire. Bien sûr, j'entends que ça puisse soulager de voir l'arroseur arrosé, mais a-t-on fait avancer le débat ?

Lorsque l'on se sent agressé, qu'on est blessé, il est vraiment tentant de répondre par la violence. Dans ce cas-là, pourquoi en pas laisser passer un petit moment avant de répondre?

Ensuite, on peut parler de soi, de son ressenti. Dire « quand tu as écrit ou dit telle ou telle chose, j'ai ressenti telle ou telle chose... » c'est autre chose que de dire « ce que tu as dit était insultant »... On ne sait pas toujours quelle est l'intention de celui qui écrit... Peut-être n'a-t-il pas voulu être insultant. Pourtant, on a le droit quand même d'avoir été blessé...

Mais « œil pour œil, dent pour dent et le monde finira aveugle et édenté... » (Gandhi)