J'ai beaucoup picoré de-ci, de-là, et ce depuis plusieurs années, dans les bouquins de diététiques de diverses obédiences, pour trouver le régime qui me convenait. Jamais pour perdre du poids, je n'en ai pas besoin, juste pour me sentir bien avec ce qui se trouvait dans mon assiette.

Ce qui est rigolo avec les théories sur l'alimentation (ou déprimant, c'est selon!), c'est qu'elles sont toutes absolument contradictoires.

Certains affirment qu'il faut manger cru car notre organisme a été conçu pour ça... D'autres que le cru acidifie et qu'il faut manger légèrement cuit. (Personne ne prétend qu'il faut brûler la nourriture, quand même.) Certains prônent les fruits entre les repas, d'autres de commencer le repas par les fruits; il y a ceux qui affirment qu'on ne peut pas survivre sans manger de viande au moins 3 fois par semaine, et les adeptes du végétarisme. Ceux qui conseillent une alimentation à base de céréales, ceux qui privilégient les légumes. Ceux qui aiment les épices et ceux qui les détestent (ça abîme et brûle l'oesophage). J'ai lu qu'il fallait manger comme un roi le matin, comme un prince le midi et comme un pauvre le soir. J'ai aussi lu qu'il fallait sauter le petit déjeuner si l'on n'avait pas faim pour permettre au corps de faire un jeûne journalier suffisamment long pour qu'il puisse se nettoyer. La médecine chinoise classe les aliments selon qu'ils sont chauds, froids, secs ou humides ou piquant. La macrobiotique en yin et yang. Les adeptes des produits laitiers vantent leur richesse en calcium, leurs contradicteurs répondent que certes, ils contiennent du calcium, mais qu'il n'est pas assimilable par l'organisme d'adulte et que de toutes façons, certains végétaux, les amandes etc en contiennent encore plus. Pour certains, le blé doit rester la base de notre alimentation, pour d'autres il a été tellement trafiqué qu'il n'est plus digeste pour nous et il faut revenir à des variétés anciennes, telles l'épeautre etc. Un tel vous dira de manger uniquement des céréales complètes, seules à même de vous apporter suffisamment de vitamines et nutriments divers, une telle vous rétorquera que si elles sont trop complètes elles sont peu digestes. On entend qu'il faut manger le plus varié possible, pour être sûr d'avoir une alimentation équilibrée... et le contraire, qu'il faut manger un peu toujours pareil, à condition bien sûr, d'avoir bien choisi quoi. Les indiens mangent tous les jours du riz et des lentilles avec des légumes et s'en portent plutôt bien...

De tout ça, il ressort quand même quelques invariants et c'est ça qui est intéressant:

  • tout le monde s'accorde quand même pour dire qu'il ne faut pas manger trop. Dans l'idéal, on devrait sortir de table en ayant encore un tout petit peu faim. Un peu en contradiction avec toute notre éducation où il faut reprendre de la soupe (une cuillère pour papa) du gâteau (pour faire plaisir à maman qui a passé la matinée à cuisiner) et ne pas en laisser dans son assiette (parce qu'il y a des gens qui n'ont rien à manger !)

  • tout le monde (ou alors je n'ai pas lu les bons livres!) est d'accord aussi pour dire qu'il faut manger une nourriture saine et

    • qui dit saine dit biologique. Le minimum, quand on mange, est de ne pas s'empoisonner...

    • qui dit saine aussi dit... pas de plats préparés. Ils contiennent parfois plus d'additifs que de produit principal.. (J'ai vu des glaces sans lait, sans crème, sans oeufs... mais qui contenaient une vingtaine de trucs bizarres pour remplacer...)

    • qui dit saine dit fraîche: éviter les surgelés (je sais, le congélateur, c'est pratique), les conserves, les produits irradiés. Personne ne vous le dit, mais les farines, dans l'idéal, se consomment dans les trois mois après avoir été moulues. Les légumes vont rester présentables si vous les mettez au réfrigérateur, mais ils perdent des vitamines rapidement...

  • limiter les sucres rapides et supprimer si possible les sucres raffinés (sucre blanc donc et toutes les cochonneries qui en contiennent)

  • supprimer totalement les excitants : café, coca... pour le thé, les avis sont partagés.

  • manger des fruits et légumes de saison...

  • faire très attention à la qualité des huiles. L'huile est ce qui permet à notre cerveau et nos cellules d'être lubrifiées ! Aliment de base, elles doivent impérativement être de première pression à froid. Si vous ne pouvez vous offrir qu'un aliment biologique, ça doit être celui-là.

  • manger dans le calme et non pas sur le pouce, debout en courant à travers la maison pour être prêts à repartir dans les deux secondes...

  • et mastiquer. Je frémis quand j'imagine dans quel état doit arriver la nourriture dans notre estomac quand nous ingurgitons comme nous le faisons souvent, sans mâcher. Pas étonnant de se sentir lourd après ! La digestion doit commencer dans la bouche, la salive étant le premier suc digestif a remplir son office. De plus, mâcher correctement  chaque bouchée prend du temps (suffisamment, c'est environ trente fois...) et il semblerait que le cerveau soit conçu pour se sentir rassasié au bout d'une vingtaine de minutes. Si donc on a bien mastiqué, au bout de ces 20 mn on a mangé beaucoup moins que si on a englouti notre repas.

Et puis, il y a les conclusions auxquelles je suis arrivée toute seule (plus ou moins!), que j'en profite aussi pour vous livrer: le corps est une machine extraordinairement perfectionnée, conçue pour fonctionner avec tout un tas d'aliments variés. Il me semble logique de penser que les aliments qu'on trouve à un endroit  donné sont les plus appropriés pour les populations de ce lieu. Les tibétains qui boivent du thé au beurre de yack se portent très bien tant qu'ils restent au Tibet, soumis à des conditions climatiques très rudes. S'ils gardent la même alimentation une fois arrivés en Inde, ils développent des maladies qui peuvent être dues en partie au stress de l'exil mais aussi au fait que les températures étant sensiblement différentes (!) leur alimentation n'est plus du tout adaptée. Idem pour les esquimaux qui ne consomment pour ainsi dire que du poisson par exemple. Des études ont aussi prouvé que quelqu'un qui mange « mal » mais qui pense manger tout à fait ce qui lui convient se portera mieux que quelqu'un qui mange relativement « mieux » mais en pensant manger « mal ». (je garde les guillemets, car comme on l'a vu, le bien ou le mal, en matière d'alimentation comme ailleurs, reste très relatif!)

Ce qui me paraît sûr aussi c'est que l'alimentation, comme l'affirment les chinois et comme l'affirmait déjà Hypocrate il y a longtemps, est la clé de la santé. (Enfin, une des clés... Il y a bien sûr d'autres facteurs, comme le stress, la pollution...) Comment peut-on penser rester en bonne santé si on ne met que des poisons dans notre organisme? C'est son carburant. Et vous n'iriez pas mettre de l'huile de friture dans votre réservoir, si ? (Si, je sais, ça se fait, mais il vaut mieux la filtrer un minimum!) Or, pour la plupart d'entre nous, c'est ce que nous faisons. Nous l'avons bien mérité, ce petit café, ou cette pâtisserie, après tout ! Et puis, nous n'avons pas le temps de cuisiner de bons petits plats et pas les moyens de manger tout biologique. Pour ma part, ça y est, j'ai franchi le dernier pas qui me restait à franchir la semaine dernière... Je résistais encore pour les fruits, tellement plus chers en bio... Mais c'est fini, je ne suis plus prête à manger des pesticides. La vérité c'est que personne n'a les moyens de manger autre chose que du bio. Nous ne pouvons pas nous le permettre pour des raisons de santé et de respect de la planète. Tous les médicaments que nous devrons acheter pour soigner notre corps empoisonné, toutes ces thérapies auxquelles nous allons devoir recourir pour réparer ce que nous faisons chaque jour souffrir à notre organisme. Je lisais ce matin dans un bouquin de Michel Dogna le compte rendu d'une toute petite expérience menée dans des cantines en Suède: ils sont passés au tout bio-végétarien : la violence a diminué et les résultats scolaires se sont amélioré. Je vous laisse méditer cette information.

Et puis, une autre pensée m'est venue hier soir, mais je ne sais pas si elle se défend, celle-là je ne l'ai lue nulle part. Beaucoup de gens essaient de savoir ce qu'on doit manger en cherchant qu'elle était notre nourriture « originelle ». Or, il me semble qu'on doit pouvoir calculer le rapport entre les aliments en regardant la disponibilité des aliments relativement aux autres. Je m'explique. Vous êtes un homme préhistorique, avec votre petit arc. Vous allez réussir, mettons, à chasser un lapin tous les trois jours. Par contre, les fruits et les légumes vont être beaucoup plus abondants, cela va donc être la base de votre alimentation. Pour ce qui est des céréales et des légumineuses, elles sont devenues importantes à partir du moment où l'homme s'est sédentarisé et où il a pu les cultiver... Parce que je vois mal des chasseurs cueilleurs ramasser beaucoup de blé ou de lentilles: vous avez vu la taille que fait un grain de blé ? Ou une lentille ? Vous imaginez le travail ? C'est passablement moins fatigant de déterrer une pomme de terre ou de cueillir une pomme ! Maintenant qu'on a le blé tout prêt en sachet et les nouilles déjà préparées, c'est plutôt plus compliqué de préparer une soupe qu'un plat de nouille, mais il y a 20 000 ans, ça devait être l'inverse. (S'il y a des historiens parmi les lecteurs et que je dis des énormités, n'hésitez pas à me le signaler!) Ce qui m'amène à penser qu'il vaut mieux manger plus de fruits et légumes que de céréales...

La dernière chose, à mon avis, c'est qu'il n'existe évidemment pas un régime alimentaire idéal, qui fonctionnerait pour tout le monde, ça se saurait. Donc, et c'est là que ça devient à la fois compliqué et intéressant, pas le choix, c'est à chacun d'expérimenter et de trouver ce qui est bon pour lui et que personne d'autre ne pourra lui prescrire, n'étant pas à sa place. Ecouter tous les conseils et les avis, c'est une chose, mais encore faut-il pouvoir faire sa sauce avec après. Pour cela, apprendre à s'écouter est le seul remède... et nous ne savons pas trop le faire ! Mais c'est fascinant.

Alors bonne recherche à vous, votre bien-être en dépend ! (j'adore les formules grandiloquentes comme celle-là, désolée, je n'ai pas pu m'en empêcher! ;-) )