En supermarché écologique, bien sûr, mais en supermarché tout de même.
Bien sûr, c'est super pratique. Hier, après avoir découvert avec ébahissement l'agrandissement soudain de ma déjà plus si petite biocoop, j'en ai profité pour acheté une brosse à cheveux, une veilleuse pour mon fils, puis j'ai parcouru avec envie le rayon livre et celui sur les peintures... J'ai halluciné devant l'immense rayon "santé" (avons-nous véritablement besoin de tous ces compléments alimentaires pour être en bonne santé?) et j'ai frôlé l'évanouissement (j'exagère ? Bon, un petit peu) devant le rayon gateau, patisseries, cochonneries...
Comme quoi, on peut maintenant consommer "bio" sans rien revoir à son mode de vie.

Ca me chiffonne pour au moins deux raisons.
- On sait bien que les supermarchés tuent l'emploi, que les rapports humains qu'ils induisent ne sont pas les plus spontanés, agréables etc. Un supermarché bio n'échappe pas à la règle. Il a presque la même capacité de pression qu'un gros, aussi peu d'empoyés... mais peut-être des salaires et des horaires un peu plus décents, je n'en sais rien. Je suppose qu'il y a aussi des gens qui font ce boulot sans conviction mais parce que c'est le nouveau créneau qui rapporte et qu'il y a de l'argent à gagner là...
- Pour moi, consommer bio participe d'une réflexion que j'espère assez large sur l'avenir de mes enfants et de notre planète. Acheter des gateaux bios, suremballés (un peu moins qu'en supermarchés quand même) produits loin de chez moi avec des produits peut-être hors saison n'a aucun sens. Certes, à tout faire, il vaut quand même mieux qu'ils soient bios, au moins la terre qui aura servi à faire pousser les céréales n'aura pas été dégradée et au moins on ne s'empoisonne pas en les mangeant, mais il me semble quand même que c'est dommage de proposer ce type de produit.
Evidemment, comme me faisait remarquer Stéphanie dans "et maintenant quoi", chacun est responsable de ce qu'il fait, et il suffit de ne pas acheter ce qu'on estime ne pas devoir acheter...

N'empêche, je me garde le droit d'être déçue par cette évolution du marché de la "bio"...