Vous n'avez peut-être encore jamais rencontré ce terme... pourtant, vous savez de quoi il s'agit. D'autres les appellent des bios carburants et affirment qu'ils vont nous sauver ! Grâce à eux, pas besoin de limiter notre consommation de pétrole, pas besoin de faire attention à l'énergie, et notre mode de vie va continuer à ne pas être négociable...Certes, il faut des surfaces agricoles très importantes pour couvrir une partie des besoins. Mais ce n'est pas si grave... C'est ce que je pensais. Sauf qu'en fait, je n'avais pas vraiment réfléchi à la chose. Je m'étais dit qu'on produirait un peu de carburants végétaux et que vous le reste des besoins on ferait autrement, sans vraiment m'interroger sur le autrement.

Et voilàtypas que je suis tombée là-dessus:

« Les carburants végétaux ne sont pas bios: ils sont issus de plantes cultivées avec toute l'artillerie lourde des intrants de l'agro-chimie et des pesticides. Les termes "biodiesel" , "bioéthanol" et "biocarburants" sont passés en un temps record dans le langage commun, suite à un énorme matraquage publicitaire et médiatique. Ces carburants végétaux sont obtenus grâce à des processus d'extraction industrielle très complexes. Le terme "bio" signifie "vie". On voit difficilement ce qui permettrait à ces carburants végétaux de mériter le préfixe bio. Parle-t-on de bioblé, ou de biotomate ou de biomaïs?

Nous sommes là au coeur d'une gigantesque arnaque sémantique. C'est bien plutôt de "nécrocarburants" , de "nécroéthanol" et de "nécrodiesel" qu'il faudrait parler. Nécro signifie mort et ce préfixe seul peut qualifier les aspects techniques, écologiques et humains de cette sinistre farce.

Les carburants végétaux ne sont pas verts, ils seraient même plutôt rouges, de la couleur du sang. Ils vont accroître l'immense tragédie de la sous-nutrition, de la mort de faim, de la misère sociale, du déplacement des populations, de la déforestation, de l'érosion des sols, de la désertification, de la pénurie en eau, etc. »

Cet extrait a été trouvé sur le site de Kokopelli (ici) et je ne saurais trop vous conseiller d'aller le lire en entier. Il est un peu long, mais complet et franchement édifiant. Vous ne regarderez plus les bus qui roulent au colza de la même manière, après..