1ère façon d'attendre :

« Demain est un autre jour » nous disons-nous souvent quand ça ne va pas aujourd'hui... C'est certes vrai. Le problème, c'est que ce que nous vivons, c'est maintenant, tout de suite, là...

Ca va passer, ça ira mieux... et nous attendons avec impatience que ça passe.

Nous attendons que nos enfants dorment la nuit. Nous attendons qu'ils soient assez grands pour pouvoir faire ceci ou cela. Nous attendons d'avoir un salaire tout court, ou un salaire plus important avant d'aller à tel endroit. Nous attendons d'avoir perdu ces trois kilos avant d'acheter une robe dans laquelle nous nous sentons belle alors qu'il faudrait l'acheter maintenant... et peut-être que de nous aimer dans une belle robe nous aiderait à accepter, voire à perdre, ces fameux trois kilos. Nous attendons 18h30 pour faire à manger dans l'urgence alors qu'on aurait pu commencer tranquillement à 17h... Nous attendons d'avoir une heure devant nous avant de commencer un truc alors que parfois 15 minutes suffisent pour être content de soi. Nous attendons les vacances avec impatience pour commencer à revivre. Nous attendons la fin de la journée pour pouvoir nous détendre. Nous attendons que les enfants soient couchés pour pouvoir enfin se parler...

Bref, nous attendons dans l'espoir que plus tard sera plus propice. Mais quand ce plus tard arrive, nous sommes déjà en train d'attendre un autre meilleur moment... La minute, l'heure, le mois d'après...

Jamais nous ne sommes dans l'instant (en tout cas, pas souvent!). Jamais nous ne profitons à fond du moment présent. C'est pourtant pas faute d'avoir vu et revu le « Cercle des poètes disparus » et lu et relu Ronsart... entre « Carpe Diem » et « Mignonne allons voir si la rose... »

2ème façon d'attendre :

Plus pernicieuse, celle-là, on en prend moins facilement conscience. C'est attendre des autres que... Je ne sais pas si ça vous fait ça, mais souvent, quand on va quelque part, qu'on rencontre quelqu'un, on s'attend à quelque chose. On a une idée de la manière dont les choses vont se dérouler, ou du moins de la manière dont on aimerait qu'elles se déroulent. Et bing, si c'est pas tout à fait ça qui arrive (et ça ne peut jamais être tout à fait ça...) on est déçu, et la déception nous empêche complètement d'apprécier ce qui existe à la place de ce qu'on souhaitait.

Parfois, c'est carrément notre attitude d'attente qui fait que ce qu'on souhaite tellement n'arrive pas. 

Attendre des autres qu'ils soient ceci ou cela, qu'ils agissent de telle ou telle façon, même si on ne l'exprime pas est une attitude violente. Envers eux, car ils ne sont plus libre d'être ce qu'ils sont, envers nous-même car nous allons forcément être déçus, envers la relation car cela la met furieusement en péril...

Pourtant, il est bien difficile de ne rien attendre. Nous attendons de nos amis qu'ils appellent de temps en temps et au moins pour notre anniversaire ! Nous attendons de notre conjoint qu'il soit attentif à nous, nos désirs et états d'âme. Nous attendons des voisins d'en face qu'ils nous retournent l'invitation car c'est comme cela que « ça se fait ». Et nous attendons du père Noël qu'il n'oublie pas notre petit soulier...

Comment arrêter d'attendre des autres ? Je ne sais pas, je commence tout juste à avancer sur ce chemin. Je pense que la première chose à faire est de mettre au clair ce qu'on attend exactement, et quels besoins profonds cela comblerait. Besoins de sécurité ? D'amour ? De reconnaissance ? (Autres ? La liste est longue...) Déjà, cette première étape est sacrément coton. La deuxième étape serait d'essayer de nous donner à nous-même ce dont on manque le plus. S'aimer soi-même, s'estimer soi-même... Pas très simple non plus, hein ? La troisième étape pourrait être de faire des demandes claires aux autres (ça ressemble un peu aux principes de la Communication NonViolente tout ça !) afin qu'ils puissent choisir d'y répondre ou non... Rien de tel que les demandes implicites pour embrouiller les choses ! (Par exemple j'ai dit à mon père une année que j'apprécierais qu'il m'appelle pour mon anniversaire. Ça ne lui paraissait pas important donc il ne voyait pas l'intérêt de le faire. Maintenant, il le voit puisqu'il sait que ça me fait plaisir et il n'a pas oublié une seule fois...)

Et bien, avec tout ça, on a du pain sur la planche... Bonne journée et bon courage à vous (et à moi ! )