Dimanche 15 octobre 2006

Nous avons souvent évoqué ici la nourriture : en effet, l'alimentation que nous nous offrons conditionne notre santé mentale et physique, notre aptitude à réagir (il suffit de voir dans quel état nous met une crise d'hypoglycémie!) et notre bien-être... Je n'y reviendrai pas aujourd’hui. Par contre, je voulais vous proposer une réflexion sur ce que nous donnons comme « nourriture » à notre mental.

De quoi notre esprit se nourrit-il ?

  • des rencontres que l'on fait, et des conversations que l'on tient avec les gens

  • des lectures, blogs, magazines, affiches dans la rue qu'on scanne rapidement, dos de la boite de céréales, journaux, livres...

  • des bruits ambiants, y compris radio, télévision bien sûr, même lorsque nous n'écoutons pas, disputes des voisins ou des enfants, mais aussi bruit du vent, de la pluie., musique douce...

  • des images que nos yeux captent sans que nous y prenions garde, publicités, fleurs fanées ou pas, bazar ambiant dans la maison, paysages traversés, campagne souriante ou zone industrielle...

  • des goûts et les odeurs des lieux et aliments que nous ingérons..

  • des sensations que capte notre peau : doux, froid, rêche, mou, brûlant...

  • des ambiances que nous percevons plus ou moins consciemment

  • des humeurs de notre entourage proche et moins proche, des vibrations des lieux...

  • de la télévision

  • de nos pensées

  • bref, tout un tas d'informations viennent alimenter notre psychisme...

Certaines nourritures mentales nous affaiblissent momentanément, d'autres nous font du mal durablement. Je regretterai toute ma vie d'avoir vu, enfant « les dents de la mer ». Depuis ce jour, j'ai peur lorsque je nage trop loin du bord de mer. J'y vais quand même, parce que je sais que ma peur n'est pas rationnelle, mais elle est là...

Dans un registre plus léger, j'ai mis un moment à admettre que la lecture des magazines féminins que j'affectionnais particulièrement non seulement ne m'apportait rien mais en plus me vidait de mon énergie : quand je reposais le journal en question, j'avais « perdu » deux heures et je me sentais un peu glauque, un peu larvaire... Les restrictions budgétaires m'ont aidé à ne plus en acheter... et à me rendre compte que je vivais plutôt mieux sans.

De même, certains livres, certaines émissions ne me nourrissent pas, mais prennent au contraire sur mes réserves. La radio en bruit de fond, me fatigue beaucoup, mais je mets parfois un moment à me rendre compte qu'elle est allumée. Il y a aussi toutes ces personnes toxiques dont on connaît le pouvoir de nuisance sans pour autant pouvoir leur échapper complètement...

En effet, nous nous pouvons pas forcément, du moins dans l'immédiat, agir sur la majorité des éléments qui viennent nourrir ou envahir notre mental, mais il peut-être intéressant de reconnaître que certains nous font du bien et d'autres, du mal. Ainsi, nous pouvons au moins tenter d'aller vers les premiers et de fuir les seconds... Eteindre la télévision si le programme ne nous convient pas, ne pas lire ce livre qui nous plombe le moral, jeter ces magazines qu'on en lira jamais, couper ces fleurs fanées qui nous dépriment chaque fois qu'on passe devant... Changer de trajet pour aller au travail pour éviter de passer devant tel lieu qui nous rappelle à chaque fois des mauvais souvenirs, que sais-je encore... Mais au contraire, mettre plus souvent cette musique qu'on adore et qui nous donne envie de danser. Rappeler cet ami si cher qui nous regonfle le moral chaque fois qu'on le voit. Porter cette jupe dans laquelle on se sent si belle. Cueillir trois fleurs pour mettre sur la table du salon. Réécouter tel acteur comique parce que rire est quand même une des meilleures choses au monde. Aller se promener... oui, c'est dur de faire les premiers pas, mais on sera tellement content d'y être ! Etc.

Un autre travail qu'il est relativement facile de faire, du moins qui ne nécessite pas de grands changements extérieurs dans sa façon de vivre est de surveiller nos pensées. Nous nous polluons nous-mêmes très bien tout seuls avec des pensées destructrices : la culpabilité étant l'une des plus nocives. « Je suis nul, j'aurais dû m'en douter, je n'arrive à rien, je n'y arriverai jamais » etc. Il existe de nombreux livres sur la pensée créatrice, le pouvoir de la pensée, la pensée positive... (tous ces livres abordant peu ou prou les mêmes thèmes) qui permettent de faire la chasse aux pensées négatives pour au contraire se nourrir de pensées qui nous font du bien.

Parce que ce que nous donnons à notre tête est au moins aussi important que ce que nous donnons à notre corps...

Parce que nous le valons bien !!!