Voici encore une réflexion qui me vient de flylady (pour les anglophiles : c’est ici)… Souvent, nous avons un tel souci de perfection que nous préférons ne rien faire plutôt que de prendre le risque de faire mal. Le drame, c’est que cela s’applique à peu près à tous les domaines et que ça nous gâche la vie.

Combien d’entre nous rêveraient de faire de la danse, du théâtre, du chant, mais ne commencent jamais parce qu’ ils sont « nuls) » ? C’est sûr que comme ça, ils ne risquent pas de progresser… en contrepartie, personne ne verra effectivement s’ils sont nuls. Mais au bout du compte, le risque de se faire plaisir, lui, est connu d’avance : zéro !

Combien de lettres n’avons-nous pas écrites parce que nous n’avions pas le temps d’en écrire trois pages ? Du coup, nous n’avons même pas envoyé une petite carte postale qui aurait suffit à faire plaisir à cette super copine qu’on ne voit que tous les deux ans depuis qu’elle a déménagé à Madrid…

Et toutes ces idées de bricolages qu’on ne commence même pas, ou alors qu’on commence mais avec des ambitions tellement démesurées qu’on ne va jamais au bout de nos projets !

Ou même, le ménage qu’on ne fait pas parce qu’on n’a pas le temps de passer l’aspirateur comme il faudrait, en déplaçant les meubles et tout et tout… Pourtant, il vaudrait mieux ne le passer qu’au milieu de la pièce, rapidement… que pas du tout.

(et ces articles que je n’écris pas parce que je pourrais dire des bêtises !)

C’est difficile de prendre des risques, surtout dans une société où le droit à l’erreur n’est pas une évidence (doux euphémisme !).(Tête ébahie de mes élèves quand je leur dis, à chaque début d’année, que dans ma classe on a le droit de se tromper ! Souvent, ils ne me croient pas… c’est bien dommage, parce qu’on ne peut pas tellement apprendre si on ne fait pas du tout d’erreur, ou du moins, si on ne prend pas le risque d’en faire…)

Comment tordre le cou à ce désir de perfection, je ne le sais pas, mais je pense que ça nous simplifierait grandement la vie que de réussir à se lancer dans des entreprises, quelles qu’elles soient, sans garantie de réussite, ni d’excellence. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas faire du mieux qu’on peut, bien au contraire, simplement, à se mettre la barre trop haut, on n’ose même plus sauter…

Peut-être qu’une des premières choses à faire consisterait à repérer les moments où le désir de perfection nous bloque… repérer ce qu’on se dit, les réflexions qui tournent dans nos têtes… et toutes les choses qu’on repousse ou qu’on ne s’autorise pas à faire…

Et puis, sur ce, je vais aller chanter… même si je chante (encore) faux… (mais à force, je finirai par chanter bien !)

A vous !