Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à la simplicité volontaire, j'ai fait une liste mentale des trucs qui me compliquaient franchement la vie. Préparer le repas était en tête de liste.

Non pas parce que je n'aime pas cuisiner, au contraire, j'adore ça. Mais plutôt parce que cuisiner ça veut dire aussi : penser à ce qu'on va manger, faire les courses, ranger les courses, préparer à l'heure où les enfants sont plus fatigués et donc plus demandeurs, mettre la table, débarrasser, faire la vaisselle.

Bien sûr, on peut toujours ouvrir une boite de petits pois en conserve et sortir trois tranches de jambon mais je ne pense pas qu'on puisse le faire tous les jours, d'abord parce que souvent on sort de table avec la faim, ensuite parce qu'il faut bien réfléchir un minimum à son équilibre alimentaire.

J'ai réfléchi longtemps à la façon dont je pouvais me simplifier la vie sur ce plan-là. Et j'ai résolu pour l'instant le problème comme ceci :

- déléguer : je considère que si je fais les courses et la préparation du dîner, ma contribution familiale s'arrête là, je laisse donc le soin aux petits de mettre la table et aux grands de débarrasser et de faire la vaisselle. Cela a réduit de plus de la moitié le temps passé autour du fourneau!

- s'organiser : en prévoyant mes menus pour un mois. Oui, vous avez bien lu, je prépare un mois de menus à l'avance. Ca paraît super compliqué ou fastidieux, en fait c'est très simple, mais cela demande plusieurs étapes.

D'abord, il faut faire le tri dans toutes les recettes que l'on stocke depuis notre première casserole. (ça vous prendra au pire une après-midi, à moins que vous ayez été abonnée à un magazine féminin pendant 3 ans et que vous ayez soigneusement découpé chaque recette!!) Vous pouvez trier les recettes grosso modo en entrées-plats-desserts mais rien de plus précis sinon vous vous recompliquez la vie. Vous ferez également le tri dans vos livres de cuisine et ne garderez que ceux dont vous vous servez tout le temps!

Ensuite vous établirez un menu type qui sera le même de semaine en semaine, jour après jour. Le premier avantage est que vous ne perdez plus de temps à chercher ce que vosu mangerez le lundi puis le mardi etc. L'autre avantage est que vous pouvez varier et surveiller vos apports alimentaires sur une semaine. Pour vous donner un exemple, chez nous ça donne :

lundi : cuisine du monde

mardi : gratin/crumble

mercredi : pâtes

jeudi : tarte aux légumes

vendredi : galettes

samedi midi : poisson

samedi soir : restes

dimanche midi : viande blanche

dimanche soir : avec les doigts

Ensuite vous n'avez qu'à chercher dans vos recettes des plats qui correspondent au menu type. Ca peut être :

lundi : enchiladas

mardi : gratin de pommes de terre, poireaux, noix et fromage de brebis

mercredi : lasagnes aux carottes

jeudi : tourte aux légumes au lait de coco

vendredi : galettes

samedi midi : colin aux agrumes en papillote

samedi soir : restes

dimanche midi : rôti de porc au miel et aux deux navets

dimanche soir : hamburgers végétariens

Je choisis toujours des recettes dont la préparation + la cuisson n'excèdent pas 1 h. Et chaque soir, c'est un régal, des découvertes de saveur et l'impression réelle de partager des expériences.

Faire les menus, c'est aussi faire une liste de courses où l'on ne note que ce qui est nécessaire (bonjour les économies)

- stocker : un de mes prochains objectifs est de me passer complètement de la grande surface mais ce n'est pas encore le cas aujourd'hui. Et comme je n'aime pas passer 1h chaque samedi, nous passons avec mon mari 1h30 par mois.

Nous avons d'abord observé pendant un mois quelle était notre consommation des produits courants (céréales, pâtes, riz, lait de soja, beurre, produits ménagers...) hors légumes, oeufs et produits frais. Nous notions scrupuleusement sur une feuille dès que nous terminions un pot de ceci ou un paquet de cela.

Nous avons ensuite établi une liste de tout ce qu'il nous faudrait pour un mois et nous partons avec nos deux chariots. Bien sûr la caissière fait un peu la tronche quand elle nous voit arriver avec nos 8 pots de confiture, nos 10 plaquettes de beurre, nos 5 paquets de pâtes et nos 5 packs de lait de soja mais le bénéfice est réel. D'abord parce qu'on a réduit notre temps mensuel dans la grande surface, ensuite parce qu'on fait des économies (lorsqu'on y va toutes les semaines, on rachète toujours un truc au cas où on en manquerait) , parce qu'on tient sur les réserves et qu'on se passe des produits quand il n'y en a plus.

Bientôt, quand le moment sera venu, j'écrirai un article dans lequel j'expliquerai comment je me passe de la grande surface et comment j'achète de moins en moins puisque je ferai de plus en plus (l'idée est d'être le plus autonome possible). En attendant, même si mon idée vous paraît un peu fastidieuse, je vous propose de l'essayer sur un trimestre pour voir la différence et le gain en terme d'argent, de confort, de temps!