J'ai été malade ces derniers temps, ce qui, paradoxalement, m'a fait le plus grand bien : seule au fond de mon lit, j’ai pu penser tranquillement et je sens que cette étape plutôt douloureuse m’a aidé à grandir. Je me suis donc livrée ces derniers temps, à un exercice thérapeutique que je vous livre.
Il s’agit de dénicher tous les trucs que nous n’avons pas le droit de faire ou d’être, tout ce que nous nous interdisons depuis l’enfance parce qu’on nous l’avait interdit ou parce qu’on se l’était interdit tout seul pour se protéger d’un plus grand danger… et de les reformuler à l’envers.
Pour que vous compreniez bien de quoi je veux parler, je vais vous livrer la liste que j’ai rédigée avant-hier, après une semaine de cogitation.

« J’ai le droit de dormir. J’ai le droit de me reposer. J’ai le droit d’être reposée. J’ai le droit d’être en pleine forme. J’ai le droit, je peux être en paix. J’ai le droit de laisser les combats derrière moi. J’ai le droit d’être calme. J’ai le droit d’être organisée. J’ai le droit de lâcher mon bazar. J’ai le droit de jeter des trucs, d’en donner d’autres. J’ai le droit d’avoir une maison rangée. J’ai le droit d’être heureuse. Je peux avoir confiance. Je peux donner. J’ai le droit d’avoir assez. J’ai le droit de vivre. J’ai le droit de respirer. J’ai le droit de chanter. J’ai le droit d’aller me coucher si je suis fatiguée. »

Vous pouvez essayer de dire les phrases suivantes (et les précédentes) à voix haute et voir celles qui ne «passent» pas. Si elles sont imprononçables, c’est probablement qu’il faut s’entraîner.
Par exemple : J’ai le droit de m’aimer. J’ai le droit d’être fier de moi. J’ai le droit de faire des choses pour moi. J’ai le droit de prendre soin de moi…
A vous de chercher, la liste des possible est longue, très longue… encore faut-il pouvoir s’autoriser.

Une fois que vous avez fait une liste, il faut la rédiger. C’est toujours utile. Parfois, on arrive à dire des choses, mais pas à les écrire. Faites-le en conscience, en étant attentif à tous vos ressentis… Qu’est-ce qui bloque, qu’est-ce qui est douloureux, qu’est-ce qui est libérateur ? Pour moi, la phrase «j’ai le droit de dormir» a été comme un sésame : depuis, aussi incroyable que cela puisse paraître, je me suis couchée beaucoup plus tôt et ai dormi beaucoup mieux. Par contre je prononce «j’ai le droit de chanter» sans aucune conviction… alors j’y travaille.

Cette liste ne doit pas rester au fond d’un cahier : sortez-la, affichez-la, relisez-la, annotez-la… complétez-la…
Vivez-la!